Ledun Marin

Marin Ledun, La guerre des vanités

Lire. Découvrir. Connaître.

Un auteur qu’on a rarement lu. Du noir, du polar, du social. Un mélange de tout cela. Récit surprenant qui tient en haleine et fait tourner les pages pour savoir, comprendre. Y trouver du plaisir grâce à un style particulier : haché, presque télégraphique. Rien d’exceptionnel mais trouver ça un peu différent, un peu singulier. Suffisamment pour que ça plaise.

Être séduite par le sujet qui soulève des tonnes de questions. Par l’audace et l’imaginaire qu’il a fallu pour écrire sans pour autant sombrer dans le sordide ou la caricature.

Attendre. S’impatienter. Accélérer.

Trouver les personnages intéressants mais manquer d’historique et de développement sur certains. Savoir le travail et le manque de pages mais rester sur sa faim. Celle de ne jamais savoir. Celle qui prive et qui dépouille de quelque chose d’important. A cause des non-dits, des vérités écrites à demi-mots et des allusions.

Penser comprendre ce que l’auteur a voulu exprimer. Saisir le fossé entre deux mondes : l’enfant et l’adulte. Se rappeler, tenter de se souvenir. D’un état d’esprit, de sensations, des révolutions dans le corps et l’esprit mais rester bloquer par la maturité et l’oubli de ce passage intense mais si bref.

Renier. Oublier. Grandir.

Et aimer cet objectif que l’auteur s’est fixé. Constater qu’il est allé au bout de son engagement. Se laisser convaincre et se laisser embarquer presque jusqu’à la fin. La désirer cette fin. L’attendre et la souhaiter renversante. L’imaginer inattendue, presque suffocante. Et puis…

Trébucher. Tomber.

Comme quand on en attend trop. Qu’on est trop exigeant et qu’on place la barre trop haute. S’imaginer que l’auteur va satisfaire tous ses désirs, qu’il est au service des desiderata de chacun de ses lecteurs. Réfléchir et se dire que les attentes sont toutes différentes et que ce qui déplaît à l’un plaira à l’autre.

Se relever.

Et constater qu’on vient de lire un polar honnête et bien écrit. Qu’on a aimé le style et l’histoire. Que rien n’est parfait mais qu’on a passé un bon moment. Et que l’essentiel est là.

 

 4ème de couv’

Tournon, dix mille habitants, petite ville de la vallée du Rhône recroquevillée sur elle-même et balayée par le souffle glacial du mistral. Immobile, presque éteinte. Jusqu’à ce qu’une série de suicides d’adolescents vienne perturber le fragile équilibre de la cité et libérer les vieux démons qui y sommeillent.

Le lieutenant Alexandre Korvine est dépêché sur place pour enquêter. Plus habitué à traquer les dealers et à pratiquer des autopsies qu’à fouiller les placards et feuilleter les albums de famille, il entame rapidement une descente aux enfers. Trois jours de chasse à l’homme qui voient la ville mourir à petit feu et entraîner ses enfants dans un processus autodestructeur. Trois jours de chaos au cours desquels Korvine, usé, hanté par son propre passé et au bord de l’explosion, se transforme en missionnaire pour tenter de percer le secret qui ronge les parents des suicidés.

Un secret en forme de nature morte, composé de portraits en trompe-l’œil. Mensonges par omission, suspects commis d’office, vidéos compromettantes et étranges résultats d’analyses médicales. Une guerre que Korvine doit mener seul sans jamais céder un pouce de terrain, quitte à se transformer en bombe humaine au service de la vérité. Là où précisément tout se complique…

8 réponses »

  1. Excellent auteur que Marin Ledun, notamment son excellentissime  » les visages écrasés » et  » L’homme qui a vu l’homme » que j’avais aussi beaucoup apprécier. Un auteur qui s’adonne aussi parfois aux novellas et j’adore ca ! 😉

  2. On est décidément connectés, on publie une chronique du même auteur le même jour ;-).
    Mais deux livres si différents !
    Je te conseille vraiment ses derniers romans, vraiment, tant il a du talent (je n’ai pas lu celui que tu as chroniqué (il y a presque une décennie entre les deux)

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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