King Stephen

Stephen King, Mr Mercedes

81b6KKuWQ3LDepuis 30 ans, Stephen King m’aura fait passer par toutes les émotions. De l’adoration pure et totale à la pire des déceptions, c’est une palette de sentiments parfois très contradictoires qui a jalonné mes lectures.

Faut dire que « The boss » aura tout essayé ou presque mais, à ma connaissance, il a publié très peu de roman noir, hormis dans ses recueils de nouvelles ou des romans tels que Misery et Jessie. J’ai en mémoire la fabuleuse « Rédemption de Shawshank » qui a donné lieu au non moins fabuleux film « Les évadés » ou encore « La Cadillac de Dolan », où l’on se rend compte que King, décidément, aime utiliser les voitures comme arme du crime. Ces nouvelles sont tout ce qu’il y a de plus noir sans même l’ombre d’un nuage de surnaturel, c’est donc que ce genre ne demandait qu’à évoluer vers le roman. Quand bien même SK n’a plus rien à prouver, l’exercice est méritant tant il diffère de ses œuvres habituelles et on sent tout le plaisir qu’il a eu à l’écrire, se donnant une pause ou une récréation entre deux gros projets.

« Mr Mercedes » est donc un roman noir mâtiné de thriller qui surprend presque par sa sobriété tant King nous a habitué à des histoires alambiquées. Les personnages sont peu nombreux à l’inverse de son style habituel mais peaufinés aux petits oignons. L’intrigue ne présente pas vraiment d’originalité (sauf sans doute la scène d’ouverture ), et il y a peu de suspens mais Stephen King est un génie et de quelques détails, il réussit le miracle de donner naissance à un solide et bon roman tout en mettant en évidence la crise de l’emploi.

Rien de transcendant donc dans ce « Mr Mercedes » et les habitués des chefs-d’œuvre tels que 22/11/63 resteront sur leur faim s’ils en attendent la même densité. Ceci-dit, King replonge dans ses anciennes amours et ferait presque réapparaître un Bachman poussiéreux oublié au fond de l’armoire ou un Steve plus jeune de 30 ans lorsque « Christine » ou « Ça » faisaient sa gloire. Quelques petites allusions à ces deux derniers romans finissent de donner un petit arrière-goût de nostalgie et un petit bain de jouvence et rien que pour ça je dis merci Stephen !

4COEURS

Humeur musicale

Sting est évoqué dans ce roman. On pousse la nostalgie jusqu’au bout avec cet excellent morceau de Police : King of pain

4ème de couv’

« Je crois qu’il y a plein de gens qui rêvent de faire ce que j’ai fait… La seule différence, c’est que moi, je l’aistephen-king-francois-sechet-paris-05 vraiment fait ! »Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaine de chômeurs en quête d’un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s’est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces.Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris. Avec ce polar très noir, véritable plongée dans le cerveau d’un psychopathe qui ferait passer Norman Bates pour un enfant de chœur, Stephen King démontre une fois encore son époustouflant talent de conteur, qui s’affranchit des frontières et des genres.

Albin Michel, Février 2015

 

     

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21 réponses »

  1. Tu me donnerais presque envie de le lire.
    Le King est, visiblement, redevenu le grand écrivain populaire que j’ai aimé adolescente. Mais malgré cela, je vais passer mon tour.
    Ce qui n’enlève rien à ton très bel avis. Merci pour ça.

      • Sac d’os je l’ai pas lu, mais Histoire de Lisey c’est mon préféré (et aussi celui du King ;)!!!!!!) et 22/11 je l’ai trouvé un peu longuet……Comme quoi chacune de ses œuvres laisse une impression différente!
        Peut être qu’on aura un jour nos impressions en harmonie sur une autre œuvres!!!;)

      • Ben heureusement finalement, imagine si tout le monde aimait les même ! 🙂
        On doit bien en avoir quelques uns en commun! J’ai adoré La ligne verte par exemple

  2. tu as tout dit 😉
    J’ai aimé cet exercice de style (qui aura un prolongement puisque ce devrait être une trilogie)
    Le King maîtrise parfaitement tous les ingrédients du genre et comme tu le dis bien ces personnages sont « peaufinés aux petits oignons »
    Tu as eu raison de pousser la nostalgie, concernant la musique 😉

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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