Collette Sandrine

Sandrine Collette, Ces orages-là

Avant tout, il y a la délicatesse.

Ce pouvoir de poser des mots sur le papier afin d’y raconter une histoire rude et dure. Cette façon de faire s’épouser des phrases douces et délicates dans un contexte de violence pure.

Ainsi pourrait se définir l’écriture de Sandrine Collette. De la douceur dans la tempête.

Les éléments se déchaînent dans les romans de l’auteure. Souvent au sens propre comme dans «Juste après la vague» mais c’est le sens figuré que l’on retrouve dans «Ces orages-là». Un orage de peur et de colère, des éclairs de fureurs, un tonnerre dans la tête de Clémence.

Le thème abordé par Sandrine Collette est différent de ses précédents romans mais la violence conjugale qu’elle décrit si intimement, les douleurs de Clémence, acharnées et sauvages, rejoignent fraternellement tous les personnages crées par la romancière. Ils possèdent tous cette fragilité touchante et cette détermination pour le combat et la survie.

A bien des égards, elle énerve Clémence. On la voudrait plus forte, moins craintive. Elle est trop fragile Clémence, le vent l’emporte au moindre souffle. Elle tremble, elle se plie sous les bourrasques de la vie.

Mais c’est le roseau de la fable Clémence. Elle plie mais ne se rompt pas.

Les personnages de Sandrine Collette reflètent souvent une solitude, une mélancolie qui, quand on se les accapare, font resurgir les déserts qui nous hantent. C’est le propre d’une auteure de grand talent qui sait faire refléter toute sa profondeur dans ses romans, jusqu’à laisser le lecteur terminer certaines de ses phrases grâce à un style si particulier. L’implication est presque totale grâce à son écriture, quand bien même le contexte du récit peut paraître étranger.

Ce roman est une belle définition de ce qu’est la résilience, ce qui se cache au fond de chacun d’entre nous: la force parfois insoupçonnée de se redresser après la chute.

Ployer sous le poids d’un déluge et puis se redresser grâce à une éclaircie parce que c’est l’après qui compte, c’est la reconstruction après la destruction.

 

 

 

4ème de couv’

C’est une maison petite et laide. Pourtant en y entrant, Clémence n’a vu que le jardin, sa profusion minuscule, un mouchoir de poche grand comme le monde. Au fond, un bassin de pierre, dans lequel nagent quatre poissons rouges et demi.
Quatre et demi, parce que le cinquième est à moitié mangé. Boursouflé, abîmé, meurtri : mais guéri. Clémence l’a regardé un long moment.
C’est un jardin où même mutilé, on peut vivre. Clémence s’y est installée. Elle a tout abandonné derrière elle en espérant ne pas laisser de traces. Elle voudrait dresser un mur invisible entre elle et celui qu’elle a quitté, celui auquel elle échappe. Mais il est là tout le temps. Thomas. Et ses orages.
Clémence n’est pas partie, elle s’est enfuie.

 

16 réponses »

  1. Il faudrait que je découvre enfin cette auteure…Ça ne devrait plus tarder, avec un autre de ces titres, mais ta chronique m’a conquise, tu t’en doutes bien! 😉

  2. À force de ployer, ça donne mal au dos 😆

    Ok, j’arrête de dire des conneries deux minutes (plus, c’est pas possible) et je m’en vais mettre ce roman en haut de la pile à lire, puisque tu en parles si bien ! (Yvan aussi, mais faut pas lui dire, hein 😉 )

  3. Merci pour cette chronique qui donne envie. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours hésité à ouvrir un de ses livres … peut-être avais-je peur, en lisant le résumé, de trop de violence ? Plus je vieillis moins je supporte, c’est comme ça ; peut-être influencée par une mauvaise critique? je ne sais plus ; j’ai regardé dans mon placard de livres achetés mais pas encore lus, je croyais en avoir un mais non finalement. Je note cependant, ne serait-ce que pour sortir de mes polars bretons 🙂 Bon dimanche et merci encore. Annick.

  4. Sandrine Colette est devenue une valeur sûre du polar français. Elle construit roman après roman un univers bien à elle dans lequel j’aime beaucoup m’aventurer ! En plus c’est une personne très chaleureuse ! Belle chronique qui donne envie ! 🙂

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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