De Vigan Delphine

Delphine De Vigan, D’après une histoire vraie

La découverte d’un auteur est comme un premier rendez-vous.

Juste avant, ce sont les questions que l’on se pose:

Comment vais je le ou la trouver?

Quels seront ses premiers mots?

Vais-je l’aimer? Vais-je être intéressée par ce qu’il ou elle va me raconter?

Et puis lorsque les premiers instants se sont évaporés, que les premières appréhensions ont disparues, que le corps se détend et que l’esprit s’ouvre enfin à l’autre il y a comme un confort qui s’installe. Une position que l’on adopte: plus douillette et plus intimiste.

La soif de connaître et d’apprendre offre l’espoir d’un second rendez-vous et pourquoi pas, d’une relation durable.

Inutile de se demander si « D’après une histoire vraie » pourrait être autobiographique, cela gâcherait le plaisir de cette lecture qui réside beaucoup dans ce phénomène. Delphine De Vigan joue entre la réalité et la fiction tout le long de son récit. En nommant son héroïne comme elle et en y greffant sa vie privée jusqu’à citer son propre compagnon. L’effet est assez saisissant et surprend par sa maîtrise d’écriture.

Les banals petits détails semés ça et là donnent de la tangibilité à toute cette histoire, comme si la Delphine de papier rejoignait la Delphine de chair et que ces deux créatures fusionnaient sans qu’on sache très bien laquelle des deux était la plus réelle.

Et là, j’ai pris possession du personnage de Delphine. Comme l’auteure a du prendre possession de sa propre créature. J’y ai reconnu une certaine maladresse et cette sensation commune d’avoir tant désiré être une autre. Parce que l’autre était toujours plus belle ou plus intelligente. Parce qu’on cherche toujours un reflet de soi dans les yeux des autres.

Delphine De Vigan a cela de particulier qu’elle sait créer l’intimité vraie entre elle et son lecteur et j’irai même plus loin : C’est une triade qui naît sous sa plume : L’auteur, son personnage et le lecteur. Et personne d’autre.

Il faudra apprécier les atmosphères nonchalantes pour entrer pleinement dans le cœur de ce roman. La mise en place pourra paraître un peu trop longue, les personnages un peu lents et parfois même agaçants mais le plus séduisant restera cette jolie plume confidente, presque confidentielle. Une voix douce qui engage à lui prendre la main et à la suivre.

 

4ème de couv’

 

« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser. »

Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s’aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d’une époque fascinée par le Vrai.

PRIX RENAUDOT 2015

3 réponses »

      • Je suis éclectique, en effet, même si je ne quitte jamais les eaux territoriales des policiers/romans noirs très longtemps 😀

        Allez, ma PAL fera la gueule, mais j’ai déjà lu 130 romans en 6 mois, ça devrait le faire ! 😀

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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