Norek Olivier

Olivier Norek, Surface

De l’importance du regard des autres. Du paraître. De l’image qu’on renvoie.

Un miroir : Celui des autres yeux dans lesquels on se regarde et où l’on devine l’intérêt que l’on peut apporter. Les vêtements que l’on porte, les cheveux que l’on coiffe, le visage que l’on maquille et même les mots que nous prononçons. Tout est pour les autres, tout passe à travers eux. Nous existons. Vous existez. J’existe.

Tel est le fond du dernier roman d’Olivier Norek qui prouve par là que se renouveler est de l’ordre du possible et que l’exercice lui est acquis.

Outre son talent d’écriture, il surprend à chaque roman Olivier et c’est une des garanties de son succès. Des cités de la Seine-Saint-Denis aux paysages magnifiques de l’Aveyron en passant par la triste jungle de Calais, il voyage Olivier. Il raconte les endroits et il raconte les Hommes. Ses personnages sont profonds, fort bien travaillés et prouvent ce don d’observation qu’à l’auteur.

Car il observe Olivier. Il sonde l’âme de ses yeux pâles et ce qu’il voit dans le regard de l’autre, il l’utilise pour construire ses personnages. Ses êtres de papier en deviennent authentiques, ses histoires se font réalistes. Ils existent.

« Surface » pourrait presque sembler être l’œuvre d’un autre auteur tant l’univers est dissemblable de ses précédents romans et pourtant on y retrouve le style « Norek » auquel on s’est habitué. C’est vif et percutant. C’est parfois caustique et émouvant. C’est vivant.

Si l’on oublie l’excellente intrigue, que l’on mette de côté la profondeur des personnages et que l’on fasse abstraction du talent d’écriture, si et seulement si un seul défaut devait remonter à la surface de mon humble avis, ce serait une certaine précipitation dans les sentiments qui se développent. Comme trop de hâte, trop de spontanéité mais est-ce un véritable reproche ? Le rythme de l’intrigue laisse au final peu de place pour un développement amoureux qui pourrait cannibaliser le sujet principal.

Alors qu’à cela ne tienne, « Surface » est un bon polar, digne du talent d’un auteur qui sait surprendre et surtout qui sait comprendre son lecteur. Un écrivain qui a compris ce que l’on attend de lui et qui sait insuffler beaucoup d’humanité dans ses récits.

Olivier Norek existe à travers le regard des autres, il existe à travers ses romans. « Surface » m’a rappelé que la jeunesse et la beauté sont éphémères. On est beau et puis un jour, on ne l’est plus. C’est là, peut-être, qu’on oublie le regard des autres, il prend de l’importance pour d’autres raisons. Ne pas vieillir, ne par mourir. Exister encore.

 

 

 4ème de couv’

 

ICI, PERSONNE NE VEUT PLUS DE CETTE CAPITAINE DE POLICE.
LÀ-BAS, PERSONNE NE VEUT DE SON ENQUÊTE.

27 réponses »

  1. Depuis quand tu t’arrêtes sur les sentiments amoureux dans les livres, toi ? ahahah 😉
    Oui, c’est une formidable réussite !

  2. Mince alors, je ne serai pas éternellement jeune et belle ?? 😆

    Ok, je sors et je note cette lecture dans mon agenda de malade parce que pas encore eu le temps et en juin, je lis British, of course ! 😉

  3. Quelle jolie chronique! Comme d’habitude …Bravo ma Nath!❤️ J’adore te lire.
    Il me tarde découvrir ce Surface, je suis certaine que ce roman va me bouleverser! J’ai hâte d’en parler avec toi…

Répondre à Collectif Polar : chronique de nuit Annuler la réponse.

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