Ellory R.J.

R.J. Ellory, Les neuf cercles

Que reste-t-il aux hommes quand les guerres sont finies ? ( Le Clézio)

Peu de choses en réalité. La compréhension de ce qu’est réellement l’Homme peut-être ou bien la certitude qu’il recommencera encore et toujours. Je l’ignore car j’ai cette incroyable chance d’être née dans un pays en paix.

Presque n’importe quel coin de la planète ferait l’affaire pour traiter du sujet. Quel est l’endroit du monde qui n’a pas connu au moins une guerre ? Mais ce roman-là choisi les années 70 aux États-Unis et sont lot de vétérans du Vietnam revenus des confins de l’Asie avec dans leurs maigres bagages, des images insoutenables collées à leurs rétines et à leurs âmes, si tant est que cette dernière soit revenue avec eux.

Dans ce roman, Ellory met en exergue les chocs post-traumatiques et les ravages que la persistance des atrocités engendre. Le sujet en lui-même est passionnant dans ce qu’il a de psychologique. L’auteur ne cesse de faire des parallèles entre les souvenirs de guerre du personnage principal qui se chevauchent avec ses expériences du présent.

Si défaut il fallait trouver à ce roman, ce serait les quelques longueurs dues justement à cette analogie mais au final ce rythme fait sens avec le récit et le met en place afin de bien cerner les personnages et leurs motivations. C’est un travail d’orfèvre qu’Ellory a produit dans « Les neuf cercles » car chacun de ses personnages est fouillé et rendu presque tangible.

Tout dans l’atmosphère de ces presque 600 pages rappelle la moiteur et la touffeur du Vietnam. Le climat du Mississippi, le rythme d’écriture parfois presque nonchalant, les rituels vaudou, certains personnages indolents… Tout s’imprègne, tout s’imbrique, tout se mêle.

Et puis s’entrecroise ségrégation et Ku Klux Klan et là encore, Ellory fait comprendre que quelque soit la couleur, noire ou jaune, les suprématistes n’ont de cesse de vouloir soumettre tout ce qui n’est pas blanc. A croire que tout n’est que guerre.

Dans chacun de ses romans, R.J. Ellory sonde l’âme humaine. Il en extrait toujours le bon comme le mauvais, prouvant par là que les deux sont intimement liés, que l’homme est capable de déclencher les pires guerres, de provoquer l’enfer mais qu’il sait aussi se rapprocher du divin et réaliser des merveilles.

L’homme fait la mal par ignorance du bien ( Platon )

 

 

 4ème de couv’

1974. Vétéran du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg dans le Mississippi. Un jour, on découvre, enterré sur la berge de la rivière, le cadavre d’une adolescente, Nancy Denton, disparue vingt ans plus tôt. Le corps a été préservé par la boue, mais le cœur a été remplacé par un panier contenant la dépouille d’un serpent. Déjà traumatisé par la sale guerre du Vietnam, John est à nouveau confronté à l’horreur. Il va ainsi repartir au combat et devra faire face aux secrets et aux vérités cachées de cette petite ville tranquille. Vingt ans après le crime, c’est une nouvelle traversée des neuf cercles de l’enfer qui attend John.

Avec ce thriller sombre et ambitieux, R.J. Ellory fouille au plus profond de l’âme humaine, et dans les replis les plus nauséabonds du passé, pour s’imposer une fois encore comme une des plus grandes plumes du roman noir actuel. Philippe Blanchet, Le Figaro magazine.

7 réponses »

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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