Goolrick Robert

Robert Goolrick, Arrive un vagabond

La vie est une quête. Enfin, il me semble.

Elle est une recherche vers sa voie, ses envies, ses buts. Elle n’est qu’une longue quête vers ses rêves, qu’ils soient possibles ou non. Mais avant tout, la vie est une poursuite perpétuelle vers la personne que l’on souhaite devenir. On court après soi-même et parfois on a la chance de se dépasser. On trouve un endroit et parfois on s’y sent chez soi. On trouve une personne et de temps en temps, on lit notre importance et notre propre utilité dans son regard.

La vie est une course et certains ont une foulée régulière et puissante quand d’autres s’écroulent, à bout de souffle, sur le bord de la route. Les cailloux sont parfois des montagnes et les plus hauts sommets, à peine quelques pierres inoffensives.

Et puis la vie est parfois si bien représentée dans un roman, si bien décrite par un écrivain qu’il semblerait que chaque mot choisi aurait pu s’accorder parfaitement à sa propre existence. Arrive un livre et on pourrait presque comprendre ses propres ambitions grâce à un roman aussi bien écrit que celui-ci.

« Arrive un vagabond » est difficile à classer. Presque un roman noir mais pas tout à fait. Presque littéraire mais pas complètement. Il y a de la pauvreté, de la discrimination raciale, de lourds secrets et des drames. Il y a de la poésie, de l’allégorie et de la symbolique. Il y a des personnages surtout : Pesés, précis, entiers. Des hommes et des femmes cherchant leurs fonctions en ce bas monde. Et puis il y a l’amour que l’auteur place comme une souffrance, ce qu’il est bien plus souvent qu’il ne devrait. Il y a des sentiments nobles ou intéressés creusant des blessures qui jamais ne se referment.

On y trouve des phrases qui enfin, savent exprimer ce qu’un être humain est capable de ressentir pour un autre. Des mots et des images qui semblent si authentiques lorsqu’on les lit qu’on se demande pour quelle raison ils sont si compliqués à exprimer en temps normal. Robert Goolrick sait définir les sentiments et les sensations à tel point que toute autre manière de le faire devient banalité affligeante. Du grand art.

« Arrive un vagabond » parle de vie, d’amour et de mort mais avant tout, c’est la solitude qui sue par tous les pores de ces pages. Celle que chaque être humain ressent face à lui-même ou face aux autres car la vraie solitude, c’est avant tout la sensation de ne pas être aimé ou pire encore, d’en être persuadé.

 

4ème de couv’

 

C’est au cours de l’été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg, chargé de deux valises – l’une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l’autre une importante somme d’argent. Charlie y tomba deux fois amoureux. D’abord, il s’éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d’un Dieu qu’ils avaient toutes les raisons de juger plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d’autres : il n’y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg. La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.

Après Féroces et Une femme simple et honnête, Robert Goolrick dépeint, avec Arrive un vagabond, les membres d’une communauté face à une tragédie en marche ; des hommes et des femmes ordinaires, partagés entre la terreur de ce qu’il va advenir de leur fils préféré et la fascination devant les événements qui écriront le souvenir de leur passage sur terre dans la poussière des siècles.

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42 réponses »

  1. Très belle description de ce livre.
    Les mots sont merveilleusement choisis.

    Tu nous donne l’envie de le dévorer
    Cuidado
    Reste à savoir si je ne serai pas en retard. 😉

  2. coucou ma sœur,
    te voilà aussi dans les indésirables, cela
    m’agace fortement.
    comme l’on ne peut tout acheté, l’as tu en livre ???
    parce-que, là, tout de suite, ça donne envie de le dévorer

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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