Collette Sandrine

Sandrine Collette, Les larmes noires sur la terre ♥

Les larmes noires ont coulées sur la terre et les miennes s’y sont mêlées, venant abreuver ce torrent d’émotions violentes que ce roman bouleversant a extrait de mon cœur.

Elles ont trouvé un chemin à travers mes paupières, se libérant de leur carcan contenu avec tant de peine. Elles ont brillé un instant, retenue par la barrière de mes cils et puis s’en sont allées, prenant leur chemin familier, humidifiant ma peau pour venir mourir sur la commissure de mes lèvres.

Le trouble est encore là, bien après avoir tourné la dernière page. La gorge est encore serrée, le cœur bat encore un peu trop vite et la tête est encore pleine de ces mots qui m’ont tant chamboulée. Ces mots saccadés que l’auteure pose sur le papier pour empêcher le lecteur de respirer, pour démontrer l’état d’urgence de la misère qui croît.

Un cri d’alerte. Une complainte pour mettre en garde. Un conte sur la misère sociale qui pourrait refléter l’avenir ou en tout cas mettre en exergue ce qu’il pourrait être : une société qui refuse sa misère et qui, plutôt que de la soigner, la renie et la condamne à une désolation plus grande encore: l’isolement et la solitude.

Sandrine Collette, poète sociale armée de sa plume qui part en guerre contre la dérécoup-de-coeurliction éprouvée par tant de laisser-pour-compte. Une solitude si intense qu’elle fait oublier jusqu’à la preuve de l’existence de celui ou celle qui la ressent car avant toute chose, nous existons grâce aux regards des autres. Notre vie ne vaut d’être vécue que grâce à l’amour que les autres ont à nous offrir. Sans ce regard, sans cette reconnaissance, à quoi bon avancer ? Pour quelle raison exister ?

Mais il y a de l’amour dans ce roman. Et de la lumière aussi. Il y a de beaux et nobles sentiments. Et de l’espoir aussi. Il y a des personnages beaux et désespérés que l’on aimerait serrer contre soi, pour leur insuffler un peu de cet amour dont ils ont tant besoin pour être forts. Il y a des histoires terribles et insupportables que l’ont aimerait effacer d’un coup de gomme mais qui sont si nécessaires pour la compréhension et l’acceptation de ce récit qu’il serait injuste de vouloir ne serait-ce que les adoucir.

Alors voilà un roman terrible et beau à la fois. Rempli de détresse et d’un peu de joie, parfois. Voilà un roman qui laissera une trace faite de crainte et d’espoir. Voilà un roman cruel mais plein d’amour. Un roman admirable, tout simplement.

 

4ème de couv’

Sandrine Collette pendant le salon Polars du Sud à Toulouse en 2013

 

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson.
Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées.
Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

 

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26 réponses »

  1. Rhooooo comme tu me fais plaisir miss Nath.
    La meilleur d’entre nous qui rend un si bel hommage à une grande dame du noir.
    Car Sandrine aime le noir, elle ne le confiait il n’y a pas si longtemps.
    Et le noir lui va si bien, alors pourquoi se priver !
    Alors merci Nath, je te kiffe grave, et pas que pour cet article !!! 😛

  2. Jamais lu Sandrine Colette ta chronique me rappelle que je rate quelque chose.
    Je compte aussi parmi les fans de ta plume, toujours un plaisir de lire tes chroniques.

  3. On fait une hola pour notre plus talentueuse Nath!!!!Tu es trop forte!
    On dirait qu’il a tout ce qu’il faut ce roman !!!!Je veux absolument le lire, me reste plus qu’à lui trouver une place…Et ça, c’est moins évident!!!!!

  4. Je crois bien que je vais lire ce roman aussi ;-). ça sera ma tentative pour entrer à nouveau dans l’univers Collette. Ta chronique m’aide à y aller avec envie 😉

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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