Gustawsson Johana

Johana Gustawsson, Mör

 

La résilience est une maîtresse exigeante.

Elle est propre à chacun et dépend de la force et du courage qui nous tiennent. Elle n’est pas innée mais elle trouve ses racines dans notre enfance. Elle nous aide, non pas à couper les fils mais à démêler ces derniers afin de pouvoir avancer avec eux. C’est elle qui nous donne l’impulsion pour remonter à la surface mais elle demande en échange, un travail et des efforts considérables pour l’apprivoiser.

La résilience ou ce qui fait des personnages de Johanna Gustawsson des êtres de papier exceptionnels auxquels on fait bien plus que s’attacher. Des êtres fragiles et forts à la fois. Des femmes formidables qui forcent le respect et la tendresse mais aussi des abjections de la nature qui font également partie de notre monde. Il faut un équilibre en tout, paraît-il. Le bien trouve sa complémentarité dans le mal. Johanna est celle qui a su le démontrer dans cet excellent second roman.

Block 46 avait déferlé sur le monde du thriller comme une rivière en crue, débordant du talent de son auteure. Mör est le fleuve dans lequel elle s’est jetée, emportant avec elle toutes ses intuitions, toute son audace et charriant les débris de ses retenues.

On pourrait oser critiquer le brassage des époques dont elle se sert à nouveau mais le résultat est bien au-dessus de ce que l’on peut imaginer et s’il est nécessaire pour Johana Gustawsson de récidiver dans le même exercice, qu’à cela ne tienne car les fondations d’une vie reposent sur le passé, pourquoi ne serait-ce pas le cas également pour un roman ?

Ce passé, elle l’a fouillé de façon remarquable, posant les faits, les descriptions, les noms, les postures même comme un devoir de mémoire. Impressionnant de véracité pour qui osera vérifier l’histoire de Jack l’éventreur et regarder le portrait bouleversant de Mary Kelly.

Johana Gustawsson est la maîtresse du temps. Elle le manipule et le tord à sa convenance. Accélérations puis décélérations se succèdent. Elle prend les virages à pleine vitesse, se moquant des distorsions temporelles qui lui barrent la route. L’espace-temps obéit à Johana Gustawsson.

Pour qui plante ses dents dans ce récit étourdissant, il faut s’attendre à quelques scènes éprouvantes mais nécessaires ainsi qu’à des personnages racontés avec tout l’amour dont l’auteure sait faire preuve. Une réussite totale !

 

4ème de couv’

 

Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S’emploie pour parler de la viande.

Falkenberg, 16 juillet 2015. Sur les rives d’un lac, on retrouve le cadavre affreusement dépecé d’une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputés de plusieurs kilos de chair.
Londres, le lendemain matin. La profileuse Emily Roy est appelée sur les lieux d’une disparition inquiétante : l’actrice Julianne Bell a été enlevée à l’aube, et ses chaussures ont été retrouvées à proximité de chez elle, emballées dans un sac de congélation.
Ces deux crimes portent la signature de Richard Hemfield, le « tueur de Tower Hamlets », enfermé à perpétuité à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor. Dix ans plus tôt, il a été reconnu coupable du meurtre de six femmes et de celui de l’ancien compagnon de l’écrivaine Alexis Castells. Comment alors expliquer que ses crimes recommencent ?

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46 réponses »

  1. Magnifique chronique, Nathalie… A lire tes textes, empreints de justesse et de sensibilité, je me demande pourquoi je m’obstine encore à écrire. Je pourrais me contenter de te lire. Je ne m’en lasse pas… Bises… 🙂

  2. Rhaaaa, encore un de mes chouchous.
    Il faut dire que la petite Johana a un sacré talent et que celui-ci s’étoffe à chacun de ses nouveaux bouquins.
    Tu lui rends un bel hommage ma Nath, une chronique dont tu es la seule à avoir le secret !
    Si je ne l’avais déjà lu, je me jetterai dessus !
    Et j’aime quand nos ressenti son si proche, même si tu le dis bien mieux que moi ! lol 🙂

  3. Dans mon immense PAL 😉 j’ai beaucoup aimé le précédent et je suis certaine que celui-ci va me plaire 🙂 J’ai survolé ta chronique car comme je vais le lire j’aime bien être neutre 😉 gros bisous !!!

  4. hello,
    pour l’avoir dévoré, moi aussi je vous le conseille.
    Ta chronique est magnifique comme d’habitude, mais cette fois vu que je t’ai devancé dans la lecture de ce thriller palpitant, eh bien il est déjà classé dans ma mémoire et va y rester un bon moment.

  5. Quel talent ma belle!!!!;) Allez faut vraiment que j’arrive à leur faire une place à ses deux là!!!!;) Merci pour ce joli moment de poésie, de tentations et de plaisir!!!;)

  6. Je ne sais pas ce que vaut vraiment cette auteure…j’ai peur d’être déçu (à la lecture de quelques chroniques pas forcément flatteuses).
    Par contre, une chose est sûre, TA chronique est magnifique et juste pour cela, elle mérite que je m’y intéresse !
    BRAVO!!!

  7. C’est un très bel article que tu nous proposes et qui nous donnes irrémédiablement envie d’aller en librairie acheter ce livre 😊 Je ne connais pas l’auteure et je n’ai pas lu Blockhaus 46 mais je pense que dans les mois à venir je me laisserai tenter par ces deux ouvrages que je lirai dans l’ordre afin de mieux percevoir la psychologie des personnages.
    Merci beaucoup pour cet article 🤗

    • Je te remercie vivement pour ton passage par ici 🙂
      Johanna Gustawsson est assurément une auteure à suivre. Ses thrillers sont remarquables et si tu aimes le genre, tu ne seras pas déçue 🙂

  8. « Block 46 avait déferlé sur le monde du thriller comme une rivière en crue, débordant du talent de son auteure. Mör est le fleuve dans lequel elle s’est jetée, emportant avec elle toutes ses intuitions, toute son audace et charriant les débris de ses retenues ».
    J’ai relu et relu cette phrase (et le reste de la chronique). Ce roman méritait de telles phrases si magnifiques phrases. Ce roman extraordinaire méritait une chroniqueuse comme toi.
    A chacun de tes coups de cœur, tu me laisse sans voix…

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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