Cleave Paul

Paul Cleave, Un prisonnier modèle

Couverture-thriller-cleave-prisonnier-modeleLes années passent et le temps défile sans que l’on puisse en ralentir la progression. Les années passent et nous font parfois oublier certains détails de nos vies ou des romans que nous avons lus. Les années passent et les personnages deviennent flous et s’éloignent comme des fantômes à peine croisés. Les années passent et les pages tournées se multiplient comme autant de petits bouts de vies qui traversent la nôtre et deviennent des ombres alors que d’autres prennent corps, puis s’échappent à leur tour.

Et pourtant… certains personnages sont bien plus que de vagues souvenirs. Ils résistent au temps quand ce dernier nous est cruel et ne prennent aucune ride alors que nos cheveux blanchissent. Leurs silhouettes rémanentes se substituent parfois à celles que nous croisons tous les jours et que nous oublions aussitôt. Ils reposent au creux de notre mémoire et se rappellent à nos souvenirs au gré de la volonté de leurs créateurs, de la nôtre ou de la leur, allez savoir…

Joe Middleton est de ceux-là. Joe est resté dans la mémoire de chaque lecteur ayant lu « Un employé modèle »il y a 10 ans. Le contraire me paraît impossible. Que le souvenir en soit bon ou mauvais, que l’on ait aimé ou non ce roman, on ne peut oublier certaines scènes qui restent collées à la rétine comme un vieux chewing-gum sous une semelle. On ne peut oublier ce personnage pervers, égocentrique, persuadé de sa suprématie et amputé de toute empathie.

L’immersion dans le cerveau dérangé de Joe est une plongée dans ce qu’il y a de plus noir, une descente brutale aux confins de la folie. On se noie dans ses délires obsessionnels. On nage à contre-courant dans la fange des violeurs et autres abjections de la nature. On s’immisce dans cette ville néo-zélandaise comme des touristes en mal de sensations fortes, prenant le grand 8 dans un parc d’attractions où Mickey cache des couteaux sous son costume.

Au-delà de la fresque sociologique qu’a bâti Cleave, ses romans sont un énorme écheveau où ses personnages se croisent et où parfois, le temps n’a plus cours. Le temps s’y arrête et la ville de Christchurch devient comme un immense radeau de la Méduse dont les passagers s’entre-dévorent faute de mieux. L’auteur a un tel talent, que sa détestable et misérable créature inspire tout à la fois haine, dégoût et presque compassion. Que les sentiments qu’il dégage sont révoltants et pathétiques mais que l’humour noir de Paul Cleave le rend drôle et ironique. Que les inoubliables atrocités qu’il subit nous réjouissent autant qu’elles nous révulsent. Étonnant paradoxe que l’auteur imprègne de son immense talent.

« Un prisonnier modèle » est la suite que l’on n’attendait pas. La première apparition du boucher de Christchuch se suffisait presque à elle-même et une suite aurait pu décevoir ou être redondante. Il n’en est rien car Paul Cleave a su insuffler un vent nouveau sans pour autant quitter le chemin qui lui est propre. Il réussit à développer ses personnages, à leur donner encore plus de corps et même à glisser une réflexion sur la peine de mort. On y retrouve son style inimitable et son humour corrosif qui arrache des sourires et parfois même des éclats de rire entre deux horreurs. C’est noir, c’est Cleave, c’est indispensable.

 

 

5Sans titre 

Humeur musicale

C’est le moment de découvrir le métal alternatif de la Nouvelle Zélande avec Blindspott

 

4ème de couv’

paul-cleave-getty

 

Après Un employé modèle, le Boucher de Christchurch revient pour sauver sa peau.

Joe Middleton s’’est tiré une balle dans la tête. Par malheur, il s’’est raté et a atterri à l’’hôpital, escorté par une horde de policiers qui se demandent déjà s’’ils n’’auraient pas mieux fait de l’’achever discrètement. Peut-être en effet auraient-ils dû.

Un an plus tard, Joe est toujours derrière les barreaux d’’un quartier de très haute sécurité, accusé d’’une série de meurtres plus horribles les uns que les autres. En attendant son procès, qui doit s’ouvrir quelques jours plus tard, il s’’apitoie sur les vicissitudes de sa vie de détenu et tente encore de se faire passer pour un simple d’esprit auprès des différents experts en psychiatrie.

Mais pour ceux qui connaissent mieux Joe sous le nom du Boucher de Christchurch, seule une mort rapide est souhaitable. À commencer par son ex-complice qui compte bien le faire abattre avant son entrée au tribunal ; Raphael, le père d’’une de ses victimes, qui veut plus que tout au monde voir Joe payer ses crimes ; ou encore Carl Schroder, l’’ancien policier qui a arrêté le tueur en série…

La suite d’’Un employé modèle : du Cleave… pur sang ! Des scènes violentes qui secouent, un humour férocement noir, une intrigue aux multiples rebondissements. Que les âmes sensibles s’’abstiennent… et que les autres plongent avec délices dans ce récit inoubliable où notre serial killer préféré devient à son tour une cible. Jubilatoire !

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41 réponses »

  1. Polar très mal écrit. Il ne suffit pas d’écrire correctement pour faire de la littérature. Où sont la voix personnelle et le talent littéraire ?
    Je pensais que Sonatine ne nous offrait que le meilleur de la littérature dans le domaine du polar…

      • Bon, j’ai bien aimé, sans être un coup de coeur. Je vais tout de même lire la suite et le reste de l’univers Cleave car c’est vraiment original 🙂

    • Quel style ici ? Vous manquez sérieusement de connaissances littéraires dans le domaine du polar et de la littérature en général. 80 % de polars sont bons pour la poubelle, car ils sont très mal écrits, mais votre manque de perspicacité et d’intelligence critique (vous n’avez sans doute pas fait des études très poussées sur le plan littéraire) vous fait parler d’un livre indispensable !!! Quelle indigence de l’esprit ! Donnez-moi ici un seul extrait de ce roman qui ait une seule intention littéraire, qui offre une voix étonnante sur le plan stylistique ? Ce roman est, sur le plan de l’écriture, d’une nullité affligeante. On a même droit à des « putain » et des « merde » toutes les dix pages : cela fait tendance. Quand on se permet de donner des conseils de lecture comme vous le faites (mais vous n’êtes pas la seule sur le Net à n’avoir aucune référence littéraire un peu sérieuse) il faut un minimum de culture littéraire et de connaissance approfondie de la littérature générale. Ou alors entamez des études supérieures dans le domaine de la critique littéraire ! Il faut arrêter de jouer aux apprentis et offrir à vos lecteurs un travail sérieux. C’est un peu comme si vous me demandiez d’être boucher alors que je suis écrivain ou médecin ? Si je veux apprendre à parler de la viande, j’entamerai des études de boucherie ! Bref, on se croirait dans Babelio où des gens peu connaisseurs se targuent de donner des avis de lecture très positifs sur des libres médiocres. Le pire dans le style est Lévy et Musso : les pires écrivains pour les femmes en bord de plage qui n’y voient que du feu d’extase !!!

      • Etant donné mon manque de « perspicacité », « d’intelligence critique »et tous ces jolis compliments que vous venez de me faire, je ne dirai qu’une chose: Si mes chroniques sont l’oeuvre d’une apprentie, soit. Je n’ai pas la prétention, contrairement à vous, d’être « critique littéraire ». Ce blog n’a que pour ambition de me divertir et de divertir ceux et celles qui y viennent. Si ce n’est pas votre cas, je vous invite vivement à rejoindre des blogs qui satisferont votre soif de « culture » et où vous pourrez à loisir user de votre verve désagréable et prétentieuse.
        Ce manque d’empathie et de tolérance n’est pas acceptable ici.

      • Wistiti,
        C’est toujours triste et pathétique de voir des commentaires méprisants de personnes qui se sentent tellement supérieurs aux autres au point de ne pas supporter un avis différent du sien.
        Pourquoi commenter sur un style de romans que de toute façon vous conchiez ?
        Votre pseudonyme est très bien trouvé, je vous trouve bien petit dans vos réactions.

  2. Aujourd’hui, j’écris un truc qui n’a rien à voir: je viens de me rendre compte que j’étais dans la colonne de gauche de la page de ton blog. J’en suis flattée et en plus…je suis très bien entourée !! Merci M’dame 😉

  3. Je l’ai, je l’ai. Je vais pouvoir le lire. Yes !
    Tu vois Nath, j’ai pas résisté longtemps à ton avis 😉
    J’avais adoré L’employé modèle qui fut une belle découverte, alors forcément, il était pour moi aussi celui là 🙂

      • Ça, je le sais, mais j’avais peur que tu ne me dévoiles trop d’enthousiasme ou pas du tout et que cela influe sur ma lecture en cours… tu sais, tu lis un livre, un autre publie sa chronique, il a adoré et toi, ben, tu penses le faire aussi mais bernique…. alors, je reste vierge de chroniques du livre tant que je suis dedans, bien que jusqu’à présent, je sois contente de ma lecture ! 😉

      • Je t’avais lue, mais en diagonale… de bas en haut et de droite à gauche… et vaut mieux du retard là qu’ailleurs ! MDR

      • je te taquinais 🙂
        pour le reste, plus aucun risque pour moi, j’ai fermé la nurserie définitivement quand j’ai eu 40 balais et j’ai gardé que la salle de jeu ouverte ! hihi

      • Je sais, et moi aussi, vu ma réponse à la con… comme quand on demandait à un de mes collègues d’où il venait… vu qu’il était plus basané que nous, il répondait, avec tout sérieux « je viens de là-bas et je vais là-bas » en désignant un point dans son dos et un autre devant lui.

        Chez moi, je n’ai jamais ouvert que la salle de jeu, la nurserie, c’était NIET ! 😀

      • Ce que je fais… ceux qui en veulent, allez-y ! Mais le pire, c’est ceux qui en ont et qui ne les éduquent pas… l’école est là pour ça et ils ne veulent pas brimer leur sens artistique et leur libre-arbitre quand ils courent partout en hurlant.

      • c’est un très vaste débat… En ce qui me concerne c’est un vrai choix aussi , je ne suis pas faite pour la reproduction 😉

      • Moi non plus, j’aime ma liberté et très jeune j’ai dit « pas de mariage, pas de gosses »… bon, après des années de vie en commune, j’ai quand même dit « oui » mais c’était d’un commun accord afin d’éviter les merdes en cas de décès de monsieur puisque la maison est à lui. Mais dans ma tête, rien n’a changé… je suis pas mariée ! mdr Mais attention, hein, je suis fidèle, c’est juste que dans ma tête, je suis juste passée signer des docs à la maison communale ;-))

      • Ah oui, quand même ! Bah, on peut se tromper, je me suis plantée aussi, mais je n’étais pas mariée et je ne vivais même pas avec ce crétin ! Là, je suis bien, j’ai trouvé ma moitié de homard.

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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