Miller Jax

Jax Miller, Les infâmes

CVT_Les-Infames_3350Elle s’appelle Freedom Oliver et elle traverse la vie comme une balle de fusil.

Le premier chapitre est comme le bruit d’un chargeur qu’on enclenche. Ça claque et ça amorce, ça prend brutalement le lecteur par le col pour l’embarquer de force dans ce road trip du fin fond du Kentucky.

C’est noir comme de la poudre, ça tire des salves sombres teintées de traînées rouge sang. C’est rythmé de désespoir et ça fait mal quand le projectile atteint sa cible.

C’est un premier roman et l’arme tremble à peine dans la main de Jax Miller. L’émotion est là, la détermination est flagrante.Elle s’est sans doute entraînée en tirant ses mots sur une feuille comme on tire sur quelques boites de conserve mais elle a un but, elle fonce tête baissée comme si sa vie en dépendait.

Son doigt est ferme sur la détente, elle épaule et attend que le lecteur soit dans sa ligne de mire, à portée raisonnable pour pouvoir l’atteindre. Elle ne peut rater son tir à cette distance et le coup part, creusant un cratère brûlant dans la tête de sa victime.

Les âmes perdues de ce roman sont presque figées comme sur une peinture de Norman Rockwell. Tableau pervers de l’Amérique profonde, la nostalgie et la naïveté en moins. Le peintre Jax Miller a choisi des caricatures d’américains : drogués, pervertis, alcooliques et fanatiques. Aucune concession dans ces portraits empilés comme dans un chamboule-tout, les perversions se chevauchent, couches superposées des pires tares de l’âme humaine.

Au point d’impact, « Les infâmes » est un roman percutant et persuasif, rythmé par une bande son métallique qu’on entend de loin entre les sifflements des balles et par un style narratif en alternance qui fait vivre et rebondir une intrigue originale et imaginative. Deux ou trois petites maladresses scénaristiques viendraient à peine donner quelques fausses notes à ce roman noir, très noir. Le talent de conteuse de l’auteure les fait très vite oublier.

Elle s’appelle Jax Miller et elle ira bien plus loin qu’une balle de fusil.

 

4COEURS

Humeur musicale

Métallica bien sûr! Cité dans le roman.

4ème de couv’

Jax Miller

Jax Miller

Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

Ombres noires, Septembre 2015

 

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34 réponses »

  1. Ahhhhhh J’adoooooooooooooore ta chronique. Très impatiente de m’y mettre à mon tour!!!!!;)
    Je sens que ce roman est violent mais intéressant!!!!;) Bravo encore pour ton beau ressenti!!;)

  2. Je peux comprendre ta petite réserve. Pour autant je passe outre et je garde tout le reste. Tout ce que tu expliques si bien et qui résonne parfaitement sous tes mots.
    Moi ce roman m’a boulversée et cette femme meurtri me parle, c’est un peu comme une soeur de coeur 🙂

  3. il est étonnant ce roman hein ? 😉
    Je savais que tu y trouverais ton compte, qu’il allait t’électriser et te toucher. Oui pour un premier roman c’est formidable et ta chronique est une nouvelle fois si bien écrite !

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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