Easton Ellis Bret

Bret Easton Ellis, Moins que zéro

Résumé

imagesLa révélation des années quatre-vingt assurément. Le premier livre du sulfureux Ellis, qui n’a alors que vingt ans, est un choc. À sa sortie pourtant, « Moins que zéro » est modérément accueilli par les critiques américains. Il connaît en revanche un énorme succès en France.
L’histoire, un puzzle dont on ne cesse de replacer les morceaux, est celle de personnages interchangeables, jeunes gens dorés sur tranche, désœuvrés et la tête enfarinée. L’un s’ennuie à mourir dans son loft de deux cents mètres carrés, l’autre cherche désespérément un endroit ou passer la soirée et tout ce joli monde de dix-huit ans à peine se téléphone et se retrouve dans les lieux les plus chics de Los Angeles. Pour méditer, bien entendu, sur les dernières fringues à la mode ou le meilleur plan dope de la ville. Et les parents dans tout ça ? Ils sont trop occupés et stressés par leurs boulots, leurs maîtresses ou leurs psychiatres pour voir ce que devient leur charmante progéniture. Au bout du compte, on a l’impression d’un immense vide, d’une vie qui n’a plus aucun sens. Et là où l’on était d’abord agacé, on finit par être ému, puis révolté. Car, c’est toute la force d’Ellis de nous faire comprendre que ce monde roule un peu trop souvent sur la jante.

L’auteur

Bret Easton Ellis (né le 7 mars 1964 à Los Angeles) est un écrivain Nimagesaméricain. C’est l’un des auteurs principaux du mouvement Génération X et on le classe parfois parmi les romanciers d’anticipation sociale. Il se considère comme un moraliste, bien que certains voient en lui un nihiliste. Ses personnages sont souvent jeunes, dépravés et vains, mais ils en sont conscients et l’assument. Ellis situe ses romans dans les années 1980, faisant du mercantilisme et de l’industrie du divertissement de cette décennie un symbole. Ses livres, des contre-utopies (autrement dit des dystopies) qui se déroulent souvent dans des métropoles américaines (comme Los Angeles et New York), sont peuplés de personnages récurrents.

Mon avis

et ceux des autresShanaa’s readings

312432_463783883689129_1416114635_nA tout juste 20 ans, Bret Easton Ellis, signe son premier roman comme s’il vomissait la décadence de la jeunesse dorée de Los Angeles.

Entre sexe, alcool et drogue, ce roman n’est, de bout en bout, qu’une énumération de détails insignifiants de la vie de Clay et ses amis. Une longue liste des faits et gestes s’éternisant sur des journées trop longues et vides de sens.

Le soleil entre à flots dans ma chambre à travers les stores vénitiens et quand je regarde dans le miroir, il me renvoie l’image d’un sourire dément, fêlé. Je vais dans mon cabinet de toilette, j’observe mon visage et mon corps dans la glace ; je fais une ou deux flexions, me demande si je devrais aller chez le coiffeur, décide que j’ai vraiment besoin d’une séance de bronzage. Pivote sur mes talons et ouvre l’enveloppe, également cachée derrière les chandails. Je me prépare deux lignes de coke achetée à Rip hier soir, les sniffe et me sens mieux. Je descends en bermuda. Bien qu’il soit déjà onze heures, je crois que tout le monde dort encore et je remarque que la porte de ma mère est fermée, sûrement à clef. Je sors, plonge dans la piscine, fais une vingtaine de brasses rapides, sors de l’eau, m’essuie en entrant dans la cuisine. Prends une orange dans le réfrigérateur et l’épluche en remontant. Je mange l’orange avant d’aller sous la douche et m’aperçois que je n’ai pas le temps de faire mes haltères. Je rentre alors dans ma chambre, allume M.T.V. en mettant le son fort, me fais une autre ligne puis prends la voiture pour aller retrouver mon père.

De bar en boîte de nuit, de soirées en soirées, Clay, 18 ans, cherche un sens à sa vie. Défoncé à la cocaîne dès le matin, des parents divorcés et indifférents, Clay s’inflige lui même une indifférence totale au monde qui l’entoure.

Je ne veux pas de l’amour. Si je me mets à aimer des trucs, je sais que ça va être pire, que ce sera encore une chose qui me causera du souci. Tout est moins douloureux quand on n’aime pas.

Un tableau extrèmement noir de la jeunesse dorée et perdue de Los Angeles. Enfants d’acteurs, de producteurs ou d’homme d’affaires, ils sont tous désabusés de la vie avant même de l’avoir vécue, cherchant des sensations dans le sexe violent, la drogue, tout ce que l’argent leur permet d’acheter. Blonds, beaux et bronzés mais déchus, tel des anges ayant brûlé leurs ailes en frôlant l’enfer.

Je ne peux crier au chef d’oeuvre après avoir lu ce roman et pourtant…Un livre presque ennuyeux mais dépeignant justement l’ennui d’une vie et en le faisant resentir jusque dans le style et la syntaxe.

Ennuyeux et bouleversant à la fois. Un paradoxe qui pourrait malgé tout annoncer un roman d’une qualité certaine et un écrivain bourré de talent.

Ma note : 7/10

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