Bussi Michel

Michel Bussi, Les nymphéas noirs

Les nymphéas noirs ne sont que légende.

Parce que Monet ne peignait que des couleurs éclatantes dans lesquelles l’œil se délecte. Parce que le noir n’est pas une couleur puisque la lumière y est absente. Parce que l’obsession d’un peintre pour des fleurs ne pouvait sombrer dans l’obscurité.

Faire de l’œuvre d’une vie un roman ou plutôt poser les fondations d’un chef d’œuvre et écrire une histoire qui éclos de ce dernier. Monet est éternel mais qu’en est-il de Bussi ? Il fallait qu’il ose pour se mesurer à une telle légende. Il fallait qu’il fasse preuve de talent pour s’immiscer dans un tel mythe.

Et il l’a fait. Et surtout, il a réussi.

Gageure…Rien n’était gagné, tant sur le fond que sur la forme.

Tout existe, le décor était planté et puis il a fallu faire pousser les fleurs. Arroser tout un jardin à l’insu d’un lecteur qui se laisse avoir comme un débutant, comme un bleu qui n’a jamais lu d’intrigue policière.

Une fois les fleurs à leur apogée, il a fallu les nourrir. Leur donner un peu d’engrais, couper quelques tiges deci delà et puis les arracher une fois leur cycle de vie terminé.

Bussi m’a bluffée. Bussi m’a séduite.

Bussi m’a pris la main pour me faire franchir un tableau coloré et ensuite il me l’a lâchée volontairement afin que je m’y perde, que je tourne en rond pour chercher mon chemin, que je perde tout sens de l’orientation et puis d’un coup, d’un seul : voilà qu’il remet l’église au centre du village et que tout apparaît évident. Transparent.

On peut ne pas être adepte de Michel Bussi, ce qui est mon cas. On peut ne pas s’enflammer pour ses romans mais une chose est certaine : il faut rendre à Bussi ce qui appartient à Bussi…

 « Les nymphéas noirs sont une telle réussite en terme de construction que l’on oublie très facilement qu’il s’agit d’un auteur délaissé habituellement. Tout est parfaitement pensé et calculé. On en oublie le temps et on ne voit que ce que l’auteur veut bien que l’on y voit.

 

4ème de couv’

 

Tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels.
Au coeur de l’intrigue, trois femmes: une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps.
Un étonnant roman policier dont chaque personnage est une énigme.
Professeur à l’université de Rouen, Michel Bussi est l’auteur de plusieurs romans parmi lesquels Code Lupin et Omaha Crimes.

9 réponses »

  1. Bluffée aussi par ce roman et en plus, tu en parles d’une belle manière, car c’est vraiment ça : il a planté le décor et arrosé son jardin, puis, nous y a déposé et pendant que nous extasions sur les fleurs, il nous a… et on a été bien b***** ! 😆

    Tiens, un autre type, assez célèbre, a dit aussi cette phrase « il faut rendre à Bussi ce qui appartient à Bussi » 😀

  2. Je suis entièrement de ton avis. Je ne suis pas une inconditionnelle de Bussi mais j’aime beaucoup ce roman. L’introduction, en particulier, est une petite merveille…

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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