Dickey James

James Dickey, Délivrance

Il y a quelque chose de fascinant dans « Délivrance »

Quelque chose d’intemporel qui fige le temps et qui pourrait placer ce récit dans des époques radicalement différentes. Un huis-clos en pleine nature étouffant par les spectres des arbres, les ombres des rochers et la fureur du courant.

Quelque chose de malsain qui apporte la lumière sur ce qu’est l’Homme, dans toute son animalité et sa bestialité. Un retour à la nature complet, contraint et forcé, dans tout ce qu’il a de plus atavique. Une sorte d’épreuve ou d’initiation, de passage à l’état primitif, comme si le souvenir enfoui de l’animal effleurait la surface ridée de la condition humaine et que le premier prenait possession du second.

Quelque chose de contemplatif aussi. Les âmes de quatre hommes qui, pour accepter leurs positions d’hommes adultes, tentent de renaître au milieu des forces d’une nature qu’ils ne maîtrisent pas mais qu’ils subissent plutôt. L’introspection de l’humain au premier jour de la seconde moitié de sa vie qui s’interroge sur ses buts, ses envies ou ses besoins. Un bel exemple de la faiblesse humaine face à une puissance furieuse et inégale.

« Délivrance »… Un mot si doux et qui chante à l’oreille mais qui apporte également une réflexion sur sa définition dans le roman. Un double sens qui ne demande qu’à être exploré pour enfin comprendre qu’il est propre à chacun et que les barreaux de nos prisons personnelles sont scellés par nos propres mains. Trouver sa place dans le monde. Savoir pourquoi notre vie à un sens, lui donner de l’importance, la rendre unique…réclamer l’immortalité ou tout du moins le souvenir de tous qui rend immortel.

Ce roman, paru en 1970, pourrait être considéré comme un classique du genre. Pas une ride ne vient flétrir ce récit. La plume de James Dickey est empreinte de poésie et les longs passages descriptifs apportent de la dimension et de la densité aux décors et aux quelques hommes qui les explorent.

L’auteur fait dans l’existentialisme sans pour autant faire dans le sensationnalisme. Un roman dur, sans concession pour l’humain car il est dépeint tel qu’il est : à peine plus qu’un animal trop vite ( ou trop mal) évolué, si tant est que l’animal le soit moins que lui…

Ce qu’il fallait démontrer.

 

 

 

4ème de couv’

Avant que la rivière reliant la petite ville d’Oree à celle d’Aintry ne disparaisse sous un immense lac artificiel, quatre trentenaires décident de s’offrir une virée en canoë pour tromper l’ennui de leur vie citadine. Gagnés par l’enthousiasme du charismatique Lewis et bien que peu expérimentés, Bobby, Ed et Drew se laissent emporter au gré du courant et des rapides, au cœur des paysages somptueux de Géorgie. Mais la nature sauvage est un cadre où la bestialité des hommes se réveille. Une mauvaise rencontre et l’expédition se transforme en cauchemar : les quatre amis comprennent vite qu’ils ont pénétré dans un monde où les lois n’ont pas cours. Dès lors, une seule règle demeure : survivre.

Best-seller de renommée internationale, prix Médicis étranger adapté au cinéma par John Boorman, Délivrance est de ces découvertes littéraires brutales et inoubliables. À bord du canoë, happé par la voix d’Ed, le lecteur poursuit cette aventure dont nul ne sortira indemne.

 

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10 réponses »

  1. Comment tu veux que je résiste quand tu en parles aussi bien, et que tu ajoute qu’il y a de la poésie!!!!!Allez je note ma belle, et merci pour cette piste de lecture!!!;)

  2. Je n’ai pas lu ce roman, mais j’ai vu le film de John Boorman qui en a été adapté. Déjà le film est très dur, et je pense que le roman doit l’être tout autant. Une petite coche de plus sur la liste.
    Amitiés.

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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