Thilliez Franck

Franck Thilliez, Sharko

Franck Thilliez n’est pas qu’un des meilleurs auteurs de thrillers français. Bien au delà de cette étiquette, il y a un scientifique patient et besogneux qui prend le temps de faire des recherches approfondies et de légitimer ses romans.

C’est encore une fois un récit à multiples facettes que nous propose l’auteur. Un thriller pur et dur qui met en scène ses personnages récurrents et qui offre à ses lecteurs le combat acharné pour sauver leur famille du couple Sharko/Hennebelle. Les habitués de Franck Thilliez apprécieront cet état permanent de balancement entre les droits et les devoirs des deux héros, cette ligne de flottaison qu’ils semblent ne pas vouloir ou ne pas pouvoir garder sous contrôle. « Sharko » est un thriller abouti et totalement assumé mais pas que…

Voir au delà des mots et des phrases : voilà ce qu’il y a de plus passionnant dans un roman. Voir avec son vécu, lire avec ses propres ressentis et regarder avec un œil qui met en exergue les sens cachés ou les messages que l’écrivain peut glisser dans un texte. Imaginer le fond quand la forme pourrait sembler manquer de profondeur pour certains. Oublier le simple récit pour aller plus avant et en retirer le substrat qui fait d’un livre bien plus qu’un simple assemblage de feuilles de papier, qui le transforme en objet de réflexion, en un outil d’expression.

Franck Thilliez est de ces auteurs intelligents qui savent, non seulement façonner un excellent divertissement, mais aussi y insuffler de la matière.

L’amour est au centre de « Sharko » ou plutôt l’atavisme de chacun face aux dangers qui menacent ceux que l’on aime. La protection de la meute, du clan qui fait appel au cerveau reptilien qui sommeille en chacun de nous. Les peurs ancestrales qui nous font imaginer le pire, parfois, lorsque les autres sont éloignés. Les questions que l’on peut se poser sur les limites qui nous sont propres quant aux choses que nous serions capables de réaliser par amour.

« Sharko » est de ces romans qui soulèvent quelques raisonnements tribaux dans nos cerveaux évolués. La simple question «Jusqu’où irions-nous par amour ? » apporte des réponses dont nous ne sommes pas même capables de prouver la véracité. Par inhibition et par convention, nous oublions ce que nous avons été et nous enterrons l’instinct originel sauf en cas de situation extrême, quand le primitif remonte à la surface.

Voilà, à mon sens, ce que représente un bon roman et incontestablement, « Sharko » fait partie de ceux-là. Selon la coutume qui m’est chère, la digression a été plus présente que la simple étude mais cela sous-entendra toujours une chose et une seule : qu’un roman aura su ouvrir mon esprit et qu’à ce titre, il en valait la peine.

 

 

4ème de couv’

 » Sharko comparait toujours les premiers jours d’une enquête à une partie de chasse.
Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s’élancent à la poursuite du gibier.

À la différence près que, cette fois, le gibier, c’était eux. »

Eux, c’est Lucie Henebelle et Franck Sharko, flics aux 36 quai des Orfèvres, unis à la ville comme à la scène, parents de deux petits garçons.
Lucie n’a pas eu le choix : en dehors de toute procédure légale, dans une cave perdue en banlieue sud de Paris, elle a tué un homme. Que Franck ignore pourquoi elle se trouvait là à ce moment précis importe peu : pour protéger Lucie, il a maquillé la scène de crime. Une scène désormais digne d’être confiée au 36, car l’homme abattu n’avait semble-t-il rien d’un citoyen ordinaire et il a fallu lui inventer une mort à sa mesure.
Lucie, Franck et leur équipe vont donc récupérer l’enquête et s’enfoncer dans les brumes de plus en plus épaisses de la noirceur humaine. Cette enquête autour du meurtre qu’à deux ils ont commis pourrait bien sonner le glas de leur intégrité, de leur équilibre, et souffler comme un château de cartes le fragile édifice qu’ils s’étaient efforcés de bâtir.

 

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33 réponses »

  1. Thilliez est unique et effectivement ses livres sont bien plus profonds que certains (qui ne le lisent pas) veulent bien le dire.
    Et je trouve qu’en terme d’écriture, il a atteint un sommet de fluidité. Bluffant

  2. Et dire, qu’il traine dans ma PAL depuis sa sortie….^^ Et dire que ta chronique me donne encore plus envie de me jeter dessus^^….Et dire que tu es juste la plus douce et efficace des tentatrices, quand bien même , ce livre est déjà dans ma Pile….C’est fou ce talent que tu as!!!! ❤

  3. voilà ma sœur, je viens de te trouver dans les indésirables ???
    ta chronique est plus que parfaite, ce n’est pas parce que nous sommes sœurs, beaucoup le pensent
    moi l’ai lu à une vitesse grand V, Sharko est pour moi, le meilleur de ses romans, donc merci Mr Thilliez.
    Je me demande que nous réserve le prochain….

  4. Brillantissime , jamais déçu de la profondeur et qualité de tes analyses ! J’aurai bien aimé te rencontrer à nouveau à Saint-Maur .

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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