Little Elizabeth

Elizabeth Little, Les réponses

e-littleSi un beau matin, vous vous décidez à ouvrir « Les réponses » d’Elizabeth Little , ne vous attendez pas à un thriller glauque et angoissant, ni à un roman noir qui vous mènerait à de longues réflexions intenses sur le sort de l’humanité. N’espérez pas lire le clone de Gillian Flynn, la toute jeune demoiselle Little n’en a pas le style sombre et machiavélique. Laissez vos envies d’hémoglobine au placard, ce roman n’est pas teinté de violence et risque d’ennuyer les amateurs de genre « saignant ».

Non, « Les réponses » n’est rien de tout cela.

Sortez plutôt vos Louboutin, enfilez une robe de cocktail, apprenez les bonnes manières et levez le petit doigt lorsque vous prenez votre thé en tournant les pages de ce livre.

Ou bien peignez les semelles de vos baskets en rouge, ça peut faire illusion. Enfilez votre jean le plus confortable et tant pis si c’est pas du Jean-Paul Gaultier, squattez un banc au soleil, vous oublierez vite les fientes de pigeon et plongez dans ce thriller psychologique rafraîchissant.

Oui, rafraîchissant. Grâce à une héroïne qu’on voudrait bien détester. Le genre qu’on voit sur les couvertures des magazines des salles d’attente. Le genre pour lequel on secoue la tête en pensant : pauvre petite fille riche… Le genre qui se tape une rock star et qui passe ses vacances dans une villa de St Martin ou dans un chalet à Gstaad pendant que votre Jules fait cuire des saucisses dans le jardin de votre pavillon et vous emmène tous les ans au camping de La Bourboule.

Oui, on aimerait bien la détester mais grâce à Elizabeth Little, c’est tout à fait impossible. Humour désabusé et cynique, sens de l’autodérision et de la répartie, ce personnage savoureux, sorte de Paris Hilton ex-taularde, vénéneuse et fragile, fait un royal bras d’honneur à toutes les mijaurées pâles et fades que nous rencontrons parfois dans nos lectures.

Résolument moderne, ce roman est émaillé de conversations en sms, d’articles Wikipedia et de tweets. L’auteure est jeune, flirte avec son époque et, pour un premier roman, c’est une totale réussite.

Pas de thriller haletant, non. Pas de suspense engendrant l’insomnie, non plus. Mais une intrigue originale qui sort des sentiers battus et une héroïne attachante, drôle et triste à la fois, fragile et forte, pleines de doutes et d’assurance…. qu’on lâche avec regret.

  4COEURS  

Humeur musicale

Je ne suis pas une grande fan de Radiohead mais il faut avouer que ce morceau est superbe et le groupe est cité dans le roman

4ème de couv’

Après un procès qui a passionné l’Amérique, la jeune Janie Jenkins est reconnue coupable de l’assassinat de saAVT_Elizabeth-Little_2578 mère, la très fortunée et très mystérieuse Marion Elsinger. Dix ans plus tard, suite à une enquête sur la manipulation de preuves par le laboratoire de police scientifique de L.A, Jenkis sort de prison, sa libération scandalise le pays, convaincu de la culpabilité de la riche héritière.

Janie est-elle coupable ou innocente ? Elle-même n’en a pas la moindre idée. Trop ivre la nuit du meurtre, elle n’a plus aucun souvenir de ses faits et gestes. Ne lui reste en mémoire que les deux derniers mots prononcés par sa mère, deux mots mystérieux qui vont la conduire à aller chercher les réponses à toutes les questions qu’elle se pose dans une petite ville du Middle West.

Rares sont les auteurs de thrillers qui dès les premières pages capturent à ce point l’attention du lecteur pour ne plus la lâcher. Avec son premier roman, et une héroïne à laquelle on s’’ttache instantanément, Elizabeth Little réussit cet exploit et rejoint d’emblée le club très fermé des S.J. Watson, Harlan Coben, Mo Hayder et autres Gillian Flynn. Faisant preuve d’un sens du suspense impressionnant, elle nous offre ainsi une intrigue machiavélique, proprement addictive, doublée d’une réflexion passionnante sur les travers de notre société.

 

Sonatine, Mars 2015 

     

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14 réponses »

  1. T’es trop géniale, ta plume et ton humour sont parfait pour nous raconter ce livre.
    Merci madame…
    Et puis dis moi, les mijaurées pâles et fades on n’en rencontre pas que dans nos lectures, hein ?

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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