Coups de coeur

Jax Miller, Candyland ♥

Il était une fois…

Le cœur de l’Amérique, la violence parfois extrême et Jax Miller, princesse du noir : pétrissant ses personnages pour extraire leurs âmes abîmées et leurs secrets les plus profonds puis les posant brutalement sur son métier à tisser pour créer un tissus noirâtre et déjà crasseux.

Il était une fois…

Des montagnes rocheuses, une ville minière aux êtres désœuvrés trop ou pas assez croyants, des maisons de sucre, de pain d’épices et de méthamphétamine qui pourrissent les dents. Un endroit où les démons et les fantômes peuvent danser sur les tables sans que personne n’y trouve rien à redire.

Il était une fois…

Les spectres d’un passé qui s’accrochent aux ombres et qui ne sont que des projections de chacun d’entre nous, à différentes étapes de nos existences. Chaque femme et chaque homme de ce roman n’est que paradoxe et est, intrinsèquement, différent de l’image qu’il reflète aux yeux des autres. La part de lumière. La part d’ombre.

Chaque personnage est profondément humain et représente l’abjection autant que la compassion. Le propre de l’Homme est au fond de ce roman et Jax Miller en renvoie le reflet à la face du lecteur comme un seau d’immondices où quelques pierres précieuses se dissimulent.

Il était une fois…

Une construction emplie d’allégories et peu conventionnelle pour une auteure qui ne l’est pas. Un souffle destructeur d’idéologie américaine, faisant fi des maisons de paille et de bois qui jonchent un pays construit de contradictions, là où les loups perclus de cruauté dévorent les petites filles trop ingénues.

Il était une fois…

Un conte noir dont chacun saura arracher un enseignement et une réminiscence d’enfance que seul un regard adulte est capable de percevoir. Un roman tout à la fois bouleversant de beauté et de douceur et répugnant de laideur et de barbarie.

Il était une fois enfin… une auteure surdouée, arrachant ses propres tripes pour les poser violemment sur la table où elle écrit. Une femme dont les gênes sont fait de douceur et de sensibilité qui ose user de violence et de bestialité. Un équilibre parfait. Lisez-la.


 

4ème de couv’

 

Candyland n’est pas un conte ordinaire. C’est l’Amérique.
Il était une fois Sadie Gingerich, ancienne amish, seule dans sa confiserie d’une ville minière de Pennsylvanie. Sa vie va brutalement changer lorsque son fils est assassiné par sa petite amie, Allison.
Cruauté du destin, Sadie fait la rencontre de Danny, le père d’Allison, en proie à ses propres démons. Leurs lourds passés et le choc du meurtre s’entremêlent pendant l’enquête de police, révélant une vérité indicible.

Entre les doux pâturages de la communauté amish, les montagnes isolées du Nord et les villes minières abandonnées de la Rust Belt, la vie et l’amour sont broyés, laminés par la drogue et la pauvreté de l’Amérique rurale. Un lieu où les rêves ne se réalisent pas, où les fins heureuses n’existent pas.

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17 réponses »

  1. Quand une chroniqueuse éblouissante met la surmultipliée pour un livre exceptionnel de noirceur , ça donne un texte à l’éclat de diamant ! Merci d’être ce que tu es, Nathalie , et que Jax Miller continue à nous offrir ce genre de bijou !

  2. Oh ‘adore les contes et la formule magique « Il était une fois…. »
    Je l’avais noté, surligné, écrit en rouge de partout, et pourtant pas encore découvert! Tu donnes terriblement envie de le lire!!!!!
    Merci pour cette belle chronique!

  3. Oui, lisez-la !
    Oh que je l’attendais ta chronique sur ce livre exceptionnel ! Je ne suis pas déçu 😉
    Il était une fois la rencontre d’une auteure et d’une blogueuse surdouées. Ça ne pouvait faire que des étincelles.

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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