Pouchairet Pierre

Pierre Pouchairet, La prophétie de Langley

« La prophétie de Langley » est une mosaïque d’univers différents et pourtant si proches l’un de l’autre.

Pierre Pouchairet réussit à mêler le monde de la finance à celui des islamistes dans ce dernier roman court et intense. Deux micro(macro)cosmes qui se ressemblent furieusement par ce qu’ils ont de parfois inhumains, centrés sur leurs propres ambitions et sur un égotisme démesuré : adulant un dieu destructeur d’argent et de pouvoir.

L’argent est le nerf de la guerre et le mauvais maître de celui qui ne sait l’utiliser. Il est ce pour quoi les hommes déclenchent des guerres à défaut de causes plus nobles et donne l’illusion, à celui qui le possède, d’avoir la domination et le pouvoir suprême.

Dieu n’existe que par ce que l’on imagine de lui. C’est lui qui est à notre image et non l’inverse. Il est notre propre projection. Imaginer un seul et unique dieu serait donc refuser la multitude d’individualités que l’humanité représente.

Voilà donc un roman qui n’a pas seulement le mérite de m’avoir entraînée dans une réflexion contemplative et très personnelle de la spiritualité. Un dieu pour l’argent, un dieu pour le pouvoir et parfois même un dieu pour le courage et l’abnégation : autant dire que l’Olympe se serait presque ouverte sous mes yeux à la lecture de ce court polar. Un exploit en soi car, malgré une écriture vive et rythmée, Pierre Pouchairet n’aura pas réussi à laisser une trace indélébile dans ma mémoire de lectrice.

Dans un jargon parfois un peu rébarbatif mais, reconnaissons-le, nécessaire pour la compréhension du récit, « La prophétie de Langley » se construit rapidement autour d’une intrigue somme toute assez classique et dont la triste actualité développe l’imagination de bon nombre d’auteurs. Il est des scénarios difficilement concevables pour le citoyen lambda mais l’auteur, ancien commandant de police et affecté à de nombreux postes dans des pays « sensibles » semble savoir de quoi il parle. La légitimité peut faire peur et c’est justement ce qu’il faudra retenir de ce roman.

Une histoire assez bien écrite et rapidement lue et quelques maladresses et raccourcis hasardeux plus tard : une fin peu conventionnelle mais qui m’a semblé comme trop rapidement posée sur le papier. Comme une corvée vite travaillée ou un devoir expédié d’une matière peu appréciée.

Au final, Pierre Pouchairet aura su m’apporter quelques sujets de réflexion. Peu originaux, certes… mais n’est-ce pas ce que l’on attend d’un roman avant tout ? Qu’à défaut de faire rêver, il fasse au moins penser.

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Remerciements: Jigal éditions et Jimmy Gallier

 

4ème de couv’

Trader d’une des plus prestigieuses banques françaises, Ludovic d’Estre brasse chaque jour des millions d’euros… Issu de la bourgeoisie versaillaise, la vie a toujours souri à ce surdoué de la finance. Mais tout va basculer lorsque avec Reda Soulami, son fidèle collaborateur, Ludovic va s’intéresser à une transaction douteuse… Un délit d’initié ? Peut-être pire ! Très vite suspecté de meurtre, Reda, un enfant des cités qui pensait avoir définitivement tourné la page, se retrouve en première ligne d’une effrayante machination qui le dépasse complètement et menace des milliers de vies ! Au milieu du marigot politique habituel, seule Johana, la flic qui mène l’enquête, semble croire à l’innocence de Reda. S’engage alors une infernale course contre la montre pour éviter l’horreur…

 

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15 réponses »

  1. Belle chronique comme toujours même si tu le sais j’ai trouvé ce roman habile et réussi pour toutes les raisons que tu pointes. La seule différence est que je n’y ai pas trouvé d’incohérences mais au contraire effroyablement réaliste 🙂
    Bon c’est vrai que je suis fan de ce type de roman et de Pierre Pouchairet 😉

    • coucou toi.
      A l’inverse de toi mon ami, ce style n’est pas le mien. Trop thriller, trop rapide, trop tout….
      Bon, c’est plutôt pas mal mais il ne restera pas très longtemps dans ma mémoire 🙂
      des bisous

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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