Gentry Amy

Amy Gentry, Les filles des autres

51ay038qhhl-_sx195_Régulièrement, nous pensons que tout a été fait en matière de figure de construction, qu’inventer autre chose devient la quadrature du cercle et qu’au final, on tourne en rond autour d’un thème central décliné dans dans des versions qui sont à la fois dissemblables et identiques.

Pourtant, il reste encore quelques écrivains qui réussissent à trancher le nœud gordien et à réinventer un thème que l’on pense éculé. La réussite étant d’autant plus remarquable lorsqu’il s’agit d’un premier roman comme c’est le cas pour « Les filles des autres ».

Dès le prologue, Amy Gentry pose les bases d’une histoire terrifiante. Un modèle du genre qui ferait frissonner les plus coriaces. L’auteure utilise les bons mots et les pose à la bonne place, le résultat m’a angoissé bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Les images s’entrechoquaient dans mon esprit, les couleurs étaient nettes et précises, j’entendais presque les sons et j’ai achevé ce premier chapitre le souffle quasiment coupé avec la sensation d’avoir été cachée au fond d’un placard, témoin impuissant d’un drame.

En contraste, les pages suivantes m’ont parues comme dénuées d’émotions. La force du début était si prégnante que j’ai eu peur, un instant, qu’Amy Gentry ne tiendrait pas ses promesses et que cette intensité avait disparue aussi vite qu’elle était apparue.

Instant fugace de déception qui s’est envolé dans une fumée de manipulation et de subtilité scénaristique. L’auteure embarque le lecteur dans une série de contre-vérités qui détourne l’attention pour mieux la focaliser par la suite. Le concept est bluffant, le final émouvant.

« La fille des autres » est un roman sans fioritures et sans prétention. Amy Gentry réussit le tour de force de ne pas trop en faire tout en gardant une construction atypique. Aucun des mots de ce roman n’est de trop et les personnages sont d’une criante réalité, impliquant le lecteur parfois même au delà de l’ordinaire.

Mais ce roman n’est pas qu’un simple roman à suspense. Il évoque la difficulté universelle d’être parent et ce rôle si difficile que celui d’être responsable de la vie d’un autre être quand il est déjà si complexe, parfois, d’être responsable de sa propre vie. Il parle de perte et d’amour, de trahison et de souffrance… il fait lire entre les lignes et c’est en cela que l’on reconnaît un bon roman.

maitris-et-addictif

 

4ème de couv’

ÊTES-VOUS BIEN CERTAINE DE CONNAÎTRE VOTRE FILLE ?telechargement
D’AILLEURS, EST-CE VRAIMENT LA VÔTRE ?

À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.
Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…

 

 

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33 réponses »

  1. Nous étions en phase, en effet, pour la lecture de ce roman addictif et qui ne tourne pas en rond après sa queue. Pourtant, vu le pitch, on aurait pu le croire ! Super roman qui a chamboulé toutes mes certitudes ! 😀

  2. s’il y a bien un thème usé jusqu’à la moelle c’est bien celui de l’enfant qui disparaît et qui revient dans sa famille des années plus tard avec un doute qui s’installe sur sa véritable identité et ses intentions !!! réinventer celui ci relève de la gageure, mais tu me dis qu’Any Gentry y parvient de fort belle manière !!??? voilà qui ne manque pas d’exciter ma curiosité !!! bisou !:)

  3. Et voilà, je dois le lire, vous ne faites que me le rappelez de la plus jolie des manières!!!Ma douce Nath, avec tes mots, je me dis, qu’il sera bien temps de le découvrir 😉

  4. Je suis dans une période où j’ai le sentiment parfois d’avoir fait le tour de ce genre que j’aime tant. À lire 15 romans par mois … c’est un ressenti certainement normal !
    La chronique d’Yvan et la tienne maintenant me font penser que je devrais peut-être tenter ce premier roman … 😉

  5. Comme tu le dis, il faut aussi le lire entre les lignes. j’ai trouvé le traitement d’une rare subtilité. 100 % d’accord avec toi, mon amie

  6. Tu en parles trop bien , comme d’habitude . Finalement , je vais peut-être te lire toi , et pas les romans , c’est une idée à creuser ?

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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