Taylor Alex

Alex Taylor, Le verger de marbre

1159-coverb-orchard-p353-574347fe6951d« Au milieu du chemin de notre vie, je me retrouvai par une forêt obscure, car la voie droite était perdue » ( L’enfer de Dante )

Car perdue, je l’ai été. J’ai cherché mon chemin à travers les mots de ce roman, n’en comprenant pas la construction. Je me suis égarée dans des transitions brutales, ne saisissant pas les failles temporelles que j’ai trouvées par trop importantes. Je me suis même écartée de la route pendant un long moment, oubliant malgré moi la poésie du texte car trop tourmentée par des chapitres qui se suivaient sans me montrer la voie.

Ainsi, je n’ai su en apprécier la valeur dans la première partie de mon voyage. Le paysage ne me séduisait pas, le point de vue me laissait presque de marbre.

Les personnages que je croisais me semblaient caricaturaux. Ils se fondaient dans un paysage rugueux mais ces hommes, pour la plupart, n’étaient que des contrefaçons dénués de toute matérialité. Des êtres qui traversaient leurs vies dans les vapeurs de l’alcool : tuant et prostituant. Les femmes, quant à elles et malgré leur force, ne faisaient que subir les agressions d’une vie et d’un sexe qu’elles n’avaient pas choisis. Un fossé infranchissable entre deux rives éloignées l’une de l’autre et un pont, de temps à autre, qui leur permettait de se rejoindre sans jamais se comprendre.

J’errais donc dans ce monde étranger sans m’attacher d’aucune manière à ce conte que je lisais sans passion, lors-qu’apparut à mi parcours, un panorama qui me fit dévier de ce sentier sans balise et enfin je compris. Enfin, je voyais la beauté de cet étrange fable et en comprenais les allégories.

L’homme en noir était là, dans ce virage que j’avais pris. Il portait un costume et m’attendait. Les quelques cailloux blancs qu’il avait jeté pour me guider à travers ces pages formaient à présent une montagne et je ne voyais qu’elle.

Une rivière coulait à ses pieds et Charon m’attendait sur sa barque. L’homme en noir me pris par la main et je pus poser un pied sur ce fragile esquif qu’était ce roman. Un bouc noir me regardait , l’œil rempli de tous les vices de l’humanité et la réponse était là.

Elle était dans ces vies errantes que j’avais croisées sur mon parcours. Elle était dans ces métaphores que je comprenais à présent. Elle était sur les rives de cette rivière sans fond qui symbolisait le frontière entre la vie et la mort.

Enfin, elle m’apparaissait sur ce chemin pavé de bonnes intentions qui nous mène tous, inéluctablement, vers la même destination.

Je m’en approchais et là, une voix désincarnée, juste une ombre, me soufflât :

« Toi qui ouvre ces pages, abandonne toute espérance »

 

 

Humeur musicale

Vivre c’est mourir…

 

 

4ème de couv’

Beam Sheetmire, dix-sept ans, vient de tuer l’homme qui l’avait agressé. Il n’y a plus qu’à se débarrasser du corps sur les berges de cette rivière dutaylor-rachel-rinehart-57177596dff47 Kentucky. Vu les circonstances, Beam devrait s’en tirer sans histoires. Mais il découvre que la victime est le fils du caïd local, Loat Duncan, à la fois puissant trafiquant et redoutable meurtrier. La décision de son père est sans appel : Beam doit fuir, et sur-le-champ. S’engage alors un diabolique jeu du chat et de la souris où chaque mouvement n’est qu’un pas de plus vers l’enfer.

 

 

 

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125 réponses »

  1. c’est juste somptueux ce que tu arrives à faire avec une simple chronique de livre ! Bon sinon, vu que tu n’es que partiellement convaincue, je passe mon tour, ma chère clone littéraire 😉

  2. Que j’aime ta façon de te réapproprié le style et le ton d’un auteur pour nous offrir ton point de vue sur son bouquin. Punaise, que tu es douée. Et il était sur que si la cruauté et la violence de ce texte pouvaient te laisser perplexe, la beauté des mots, elle ne pouvait que te parler.
    Merci ma Nath, c’est un ravissement que de te lire ! 🙂

  3. Mais quelle belle chronique ! Lyrique, envolée, culturée (néologisme gratuit), qui, si je n’avais pas lu le roman, me donnerait envie de me plonger dedans pour voir si je me perdrais dans ses pages aussi. 😉

    Dommage que tu sois passé un peu à côté du roman… Je l’ai bien aimé, mais niveau personnages, je me suis plus attachée à ceux de « Là où les lumières se perdent ».

  4. Pas mieux que les commentateurs précédents : très jolie chronique ! Inspirée, poétique, troublante… Je n’ai pas encore eu le temps de lire ce roman, je tourne autour depuis un moment, ton avis me redonne envie. A voir, mais en tout cas, merci !

  5. Rhooooo c’est juste excellent as usual ^^
    Je t’avoue que je ne sais pas quoi penser de ce roman que tout le monde loue à grands cris. C’est qu’il doit être bon car ce ne sont que des gens que j’aime qui l’encensent !
    Mais j’ai un mauvais souvenir avec le Donald Ray Pollock (le diable tout le temps) auquel je suis resté hermétique donc pour l’instant je passe…

  6. Tu es très forte pour créer l’incertitude … 😉 mais non je reste sur ma position j’ai beaucoup beaucoup aimé ce roman. Il m’a parlé … pourquoi ? Aucune idée, je m’y suis sentie tout de suite bien … très belle chronique en tout cas comme d »hab … A quand un roman ? Je suis certaine que tu serais excellente à cet exercice ! Biz

    • Je viens d’aller lire ta très belle chronique. Je sais, tout le monde est unanime et je suis un peu à contre courant. Ceci dit, j’ai apprécié le roman et le style très lyrique.. mais je suis passé à côté de quelque chose je crois !:)

  7. Je suis surprise que tu es eu ce moment de flottement, mais ravie de voir que ce roman t’a inspirée une très jolie chronique….;)
    Pour ma part, c’est bien la poésie qui m’a régalée!!!!;)

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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