Lehane Dennis

Dennis Lehane, Quand vient la nuit

51YXqHKqzCL._SX195_« Quand vient la nuit » a subi des mutations diverses. Elle naquit dans un recueil de nouvelles : « Boston noir » dédié à la ville de Boston, source d’inspiration de l’auteur. Puis elle se transforma en scénario de film pour enfin prendre sa forme définitive de roman.

Toutes ces évolutions ont eu pour effet de montrer un visage légèrement différent de l’auteur. Lehane, habitué aux romans riches et denses peut décevoir avec ce conte noir presque trop bref. Le schéma scénaristique d’origine est presque évident et l’intensité du récit s’en ressent un tant soit peu.

Et pourtant, le talent de Dennis Lehane n’est plus à prouver et ce court roman d’à peine 270 pages confirme son don pour donner vie à des personnages en quelques phrases. Le format du récit laissant peu de place au développement, l’auteur a réussi à concentrer chaque caractère dans un espace très limité tout en parvenant à poser les bases solides d’un vrai roman noir.

Paradoxalement, certains de ses personnages secondaires frôleraient presque la caricature de l’américain basique et conservateur tel qu’on se l’imagine et malheureusement, les mafieux tchétchènes présents dans le roman m’ont paru trop peu développés et souffrent d’une abondance de clichés et d’un trop grand manque d’ambivalence.

La nonchalance qui est propre au style de l’auteur est reconnaissable et les personnages, parfois presque flegmatiques, donnent ce rythme typique.

Le fond et la forme sont maîtrisés et on retrouve les thématiques chères à Dennis Lehane. Sous cette mince couverture de papier, l’auteur parvient à dresser une nouvelle fois un portrait peu flatteur de son pays : là où la misère sociale côtoie la solitude, là où les retraites insuffisantes poussent parfois à la malhonnêteté…

Dans un pays laissant place à tous les fantasmes, un auteur tel que Lehane rappelle cruellement que le rêve américain n’est, hélas, pas accessible à tous.

« Quand vient la nuit » n’a pas cette flamboyante noirceur d’un « Mystic River », les personnages ne forcent pas l’empathie comme dans la série Kenzie et Gennaro mais laissons à Dennis Lehane ce don de nous surprendre alors même qu’on ne s’y attend pas. Laissons lui cette habileté de conteur et cette aptitude à plonger dans la noirceur de l’âme humaine, extirpant le bon comme le mauvais dans chacun de ses protagonistes. Cet opus pourrait être une parenthèse dans l’œuvre de Lehane mais quand bien même sa qualité ne soit pas à la hauteur de certains de ses précédents romans : un auteur talentueux le reste, même dans ses moments de faiblesse.

 

 

Humeur musicale

Groupe de rock  bostonien : Aerosmith et ses ballades bien connues

 

 

4ème de couv’

Dennis Lehane, author Los Angeles USA

Dennis Lehane, author Los Angeles USA

 

 

Bob, personnage renfermé et solitaire, tient le bar de son cousin Marv à Boston. Lorsqu’il recueille un chiot abandonné dans une poubelle, il est loin d’imaginer que l’animal va l’amener à croiser la route d’une fille et d’un psychopathe. Bob a aussi d’autres problèmes sur les bras : depuis que Chovka, caïd de la mafia tchétchène, a mis la main sur le bar de Marv, le lieu est devenu un relais où transite de l’argent pas vraiment propre. Le jour du Super Bowl, le bar est cambriolé et une grosse somme disparaît…
Cette histoire a inspiré le film de Michael R. Roskam avec Tom Hardy et James Gandolfini.
« Denis Lehane arrêtera-t-il un jour d’exceller dans le roman noir ?  » Le Temps

Ce roman, c’est l’histoire de Bob, qui tient le bar de son cousin Marv, dans le quartier des Flats à Boston. Lorsqu’il découvre un chiot blessé dans une poubelle, il est loin d’imaginer qu’il va devenir la cible du propriétaire de l’animal, un déséquilibré nommé Eric Deeds. Toutefois, les menaces de Deeds ne sont rien comparées à la mafia tchétchène qui fait désormais la loi dans le quartier. Depuis que Chovka s’est emparé du bar de Marv, impossible pour Bob d’ignorer les trafics qui s’y déroulent. Surtout quand les livraisons qui transitent par le bar (devenu un « money drop » pour les gangsters) suscitent la curiosité de l’inspecteur Torres et la convoitise de petits malfrats prêts à tout pour empocher quelques milliers de dollars…

 

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35 réponses »

  1. Rhoooo, tu te pose là comme fan inconditionnel de Lehane dis moi ! J’ai pas lu ce roman mais me souvient bien de la nouvelle. Excellente au demeurant. Et si comme toi j’ai aimé Mystic River et quelques autres titres de cet auteur, je trouve que ces derniers bouquins manquent du souffle qui traversait les premiers !
    Mais tu as raison, malgrè leur faiblesse, les livres de Denis Lehane reste de très bons romans noirs.

  2. J’ai lu « Mystic River » sous les conseils de ma belle et j’avais adoré aussi.
    Du coup je vais laisser passer mon tour pour celui-là et en choisir un autre de Lehane alors 😉

  3. Ça m’avait fait rire cette lecture , dés le départ j’avais remarqué que cette histoire me disait bien quelque chose… Puis j’ai plongé dans mes souvenirs et retrouvé la nouvelle initiale 😉 une très bonne nouvelle d’ailleurs.

  4. Bon, comme Yvan, je me noie, mais je surnage dans cette rentrée, mais quand je pense à ma PAL, je me noie direct ! Parce que entre les nouveautés à découvrir et les anciennetés dans mon tas, comme ce Lehane, ben, je ne suis pas fière de ne pas encore l’avoir ouvert !!

  5. belle chronique, comme d’hab.
    si je comprends bien comme le disent tout tes fans 😉
    commencer par Mystic River, titre qui laisse songeur.
    quand à la rentrée littéraire je ne suivrais pas, faudra faire les bons choix.
    je suis comme toi ma sœur

  6. Très belle chronique Nathalie, comme d’habitude…
    Je n’ai jamais lu Dennis Lehane et je note que tu as adoré Mystic River ! Je commencerai donc par ce roman 😉

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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