Dillard François-Xavier

François-Xavier Dillard, Fais-le pour Maman

fais-le-pour-mamanMalgré les chemins que nous prenons, les rencontres, les choix que nous faisons dans notre vie, l’enfant que nous avons été décide de l’adulte que nous allons devenir. L’être humain n’est pas fait uniquement d’atavisme. L’éducation que nous recevons, la route que l’on nous montre nous amènent inexorablement vers ce qui fait de nous des hommes et des femmes.

Appelons cela fatalité, destin, hérédité…. peu importe. Notre passé s’accroche et nous fait choisir certaines routes plutôt que d’autres, sans même que nous réalisions les pourquoi de ces choix.

Derrière les 300 pages de ce roman, François-Xavier Dillard a tenté de démontrer les ravages, bien souvent irréversibles, que peuvent engendrer une enfance traumatisante. C’est percutant, c’est accablant, c’est cruel et violent mais écrit avec une légère retenue, presque pudique à certains égards.

Roman chorale aux chapitres courts, « Fais-le pour Maman » se lit d’une traite, sans temps morts dans le récit. Malgré certaines ficelles utilisées par l’auteur, les rebondissements sont suffisamment nombreux pour ne pas essouffler le texte.

On peut regretter un manque de développement qui aurait servi l’histoire. Difficile de faire siens des personnages en à peine 300 pages car malgré la volonté évidente de François-Xavier Dillard de dénoncer les violences faites aux enfants, il manque ce léger supplément d’âme qui rend un récit bouleversant et inoubliable.

« Fais-le pour Maman » n’est ni réellement un thriller, ni réellement un roman policier….et après tout, pourquoi vouloir à tout prix tout ranger dans des cases ! La tentative de l’auteur de mettre en avant la vision et la psyché de chacun des personnages est tout à fait réussie, grâce à l’alternance des voies à chaque chapitre. Tour à tour acteur ou conteur, Monsieur Dillard a pris de gros risques dans la construction de son roman et s’en sort haut la main, notamment grâce à un final complètement inattendu.

Écrit sans prétention et avec un talent certain, ce second roman est prometteur. Suffisamment pour que l’auteur se fasse une place de choix parmi les auteurs français.

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Humeur musicale

Tellement évident!

4ème de couv’

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Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa mère et sa sœur adolescente, Valérie. Leur mère arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, malgré ses deux emplois qui lui prennent tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille qui dégénère, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère accusant son petit garçon d’avoir blessé sa sœur. La mère prendra 5 ans de prison. Des années plus tard, et grâce à ses parents adoptifs, Sébastien mène une vie « normale », alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue après sa sortie de prison. Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires. Jusqu’à de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients et avec eux, le retour funeste des voix du passé…

 

Fleuve noir, Mars 2014

 

     

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12 réponses »

  1. Je viens d’atterrir sur ton blog grâce à livraddict, venant juste de finir ce livre je trouve ton avis extrêmement juste et bien écrit ! =)
    Bisous

  2. Très belle chronique avec un point de vue très intéressant ! Si ce n’était pas déjà fait je lirais le livre 😉

  3. voilà une très belle chronique ! A l’époque je ne m’étais pas interessé au bouquin, à cause de son titre.Certains attire, titillent la curiosité, d’autres au contraire on l’effet inverse. Celui ci en fait partie. Mais visiblement c’est un bon bouquin pour ce que tu en dis ! tant pis, j’essaierai d’être plus attentif au prochain roman de l’auteur.

    • Je suis d’accord pour le titre. En même temps il a le mérite d’être explicite. ..
      Oui c’est un bon bouquin mais pas inoubliable malheureusement.
      Y a du potentiel chez ce monsieur! 🙂

  4. Ben dis moi, c’est la semaine de l’enfance et de l’adolescence pour toi.
    Je me souviens bien avoir aimé ce titre l’an dernier mais tu vois je l’avais déjà presque oublié. A sa sortie je sais que je l’ai lu d’une traite, que le sujet sensible m’avais touchée ; même si en effet il aurait pu être plus développé, comme tu le fais remarquer. Il m’a semblé à sa lecture qu’il valait le coup de figurer dans le réseau des bibliothèques parisiennes. Je ne regrette pas de l’avoir sélectionné. car comme tu le dis si bien, c’est un roman et un auteur prometteurs. 😉
    Merci pour cet avis fouillé 🙂

    • Hé ben effectivement on est raccord 🙂
      Oui c’est dommage, il manque quelques pages à ce roman là où d’autres en font trop. D’où ma note qui aurait été supérieure si ça avait été le cas.
      Bah on devient difficile je crois 🙂

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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