Bakowski Solène

Solène Bakowski, Un sac

N’être rien dans la multitude. Invisible, inexistant aux yeux des autres: c’est le destin tragique de Anna-Marie Caravelle, c’est la toile de fond terrible de ce récit.

Lorsqu’on ne s’attend à rien de particulier au commencement d’un roman, on se laisse porter par l’histoire. Sans à priori, sans idée préconçue. Et puis on oublie même le fait que ce roman ait pu démarrer sa vie en auto-édition sur un site marchand. On oublie que l’auteur est une femme. D’ailleurs, on oublie tout ce qui n’est pas l’histoire.

Parce que Solène Bakowski a su insuffler la folie de son personnage dans son écriture. Dès les premières pages, c’est ce sentiment qui prévaut. La folie est omniprésente et tourne à la démence au détour de quelques mots. L’aliénation de la solitude et du manque d’amour pour un être indésirable et le paradoxe cruel d’un amour trop grand et trop violent qui fait sombrer encore plus profondément…

Le récit est d’une cruauté féroce et sans concession. L’auteure a su adapter son style qui se différencie totalement d’un roman tel que « Une bonne intention ». C’est presque un sentiment d’avarice de mots qui en transpire, comme si les personnages souffraient tant de leur solitude et de leur condition qu’ils n’osaient à peine s’exprimer de peur d’être encore plus seuls.

S’il y a de la lumière dans ce roman, elle n’est que fugace. « Un sac » est un roman noir. Sombre à l’extrême. Il pose sur l’échafaud la tête d’une créature si seule et désaimée qu’elle désavoue même son propre reflet. Cette obscurité déplaira à certains mais il est évident, dès la lecture des premières pages, qu’un tel récit ne pouvait être éclairé de joie ou d’allégresse.

A mes yeux, il en fallu peu pour que ce roman soit parfait. Un soupçon d’affection peut-être… Celui d’éprouver de la tendresse envers un monstre. Il n’en fut rien. La pitié m’a étreinte. L’horreur m’a affligée. Mais je ne l’ai pas aimée.

Malgré tout, Anna-Marie Caravelle, personnage de papier effroyable, accablée et tragique ne pourra sortir de ma mémoire. Elle m’aura frappée de sa laideur superbe et m’aura rappelée l’importance de n’être pas uniquement poussière dans la multitude.

 

4ème de couv’

 

En pleine nuit, une femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans ses bras frêles qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’abominable, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil décide de prendre en charge, en secret, à l’insu du reste du monde, l’éducation de la petite Anna-Marie, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, elle n »imagine pas encore le monstre qu’elle abrite sous son toit et que, lentement, elle fabrique. La petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, tue, un peu, beaucoup. Elle sacrifie, règle ses comptes, simplement.
Mais que fait-elle là, cette jeune femme agenouillée en plein Paris, au beau milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qui semble avoir tant d’importance ?
Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle.

 

 

5 réponses »

  1. Ok, je vais lui coller un post-it où j’indiquerai « ne s’attendre à rien de particulier » comme ça, j’en profiterai autant que toi, na ! 😛

    Maintenant, de ta plume, tu pourrais tout me raconter, ça me ferai gagner du temps de lecture 🙂

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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