Hauret Philippe

Philippe Hauret, Je suis un guépard

La richesse et la pauvreté se méprisent.

L’une craint que la seconde soit contagieuse. L’autre ne pense qu’à prendre la place de la première. A trop être différent, on en perd l’acceptation et la tolérance et à travers ce roman, Philippe Hauret donne une exacte définition de cette incompréhension de classes.

Les individus de « Je suis un guépard » semblent ne pas être à leur place, quelle qu’elle soit. Argent, réussite ou amour paraissent ne pas apporter suffisamment de bonheur. Aucun d’entre eux n’accepte sa destinée.

Il faut dire que Philippe Hauret a fait le choix de faire s’entrechoquer deux mondes radicalement opposés et qu’inéluctablement, l’abîme entre ces deux univers se creuse davantage après avoir tenté de se rapprocher. Les hommes, paraît-il, naissent égaux…

Une bonne part de ce roman fait se poser des questions sur son objectif et son ambition. Les individus n’y sont pas très séduisants, je les accuse même d’un défaut d’épaisseur, d’une certaine mollesse qui à la fois agace et repose.

Rien n’y transparaît si ce n’est un inéluctable choc des cultures et la presque lenteur du texte rend une partie du récit légèrement monotone.

Mais une partie seulement car soudain, tout s’accélère. Presque trop vite. Sans avoir préparé le lecteur à ce sursaut qui pourtant, était inévitable.

La machine lancée, plus rien ne peut l’arrêter et tout prend son sens.

Le titre fait entrevoir le beau et le tragique dans le commun. Il n’existe plus ni banalité ni monotonie car Philippe Hauret donne enfin chair à ses personnages. Il écrit leurs destins, il les fait vivre intensément, brise leurs espoirs ou réalise leurs rêves. Il fait d’eux des égoïstes ou des opportunistes. Des gagnants et des perdants.

« Je suis un guépard » n’est pas un roman fait de violence mais un conte sociétal noir sur la place de chacun. Un échiquier où la reine se fait prendre par son cavalier avant de chuter du haut de sa tour.

Des fragments de vies comme il en existe tant mais racontés avec talent.

 

4ème de couv’

 

Le jour, Lino, employé anonyme d’une grosse boîte, trime sans passion au 37e étage d’une tour parisienne. La nuit, dans son studio miteux, il cogite, désespère, noircit des pages blanches et se rêve écrivain… Un peu plus loin, Jessica arpente les rues, fait la manche et lutte chaque jour pour survivre. Deux âmes perdues qui ne vont pas tarder à se télescoper et tenter de s’apprivoiser, entre désir, scrupule, débrouille et désillusion… Jusqu’au jour où Jessica fait la connaissance de Melvin, un jeune et riche businessman qui s’ennuie ferme au bras de la somptueuse Charlène. Deux univers vont alors s’entremêler pour le meilleur et surtout pour le pire…

 

 

6 réponses »

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