Bouysse Franck

Franck Bouysse, Né d’aucune femme ♥

« Né d’aucune femme »… et de toutes à la fois.

Car voilà un récit dont la femme est maîtresse quand bien même tous les destins féminins ici décrits sont faits de drames et d’outrages.

Franck Bouysse rend hommage et fabrique ses personnages féminins de glaise et d’argile pour mieux les façonner et les soumettre à sa plume mais il n’est ici nulle intention de soumission perfide de la part de l’auteur car le texte transpire l’admiration de la force féminine. Il lui rend grâce à travers les obscures épreuves que les femmes y subissent. Et c’est beau.

Ici, la beauté est dans la souffrance et le sacrifice. Elle sue de toutes les pages qu’un homme a écrites. Elle tombe, goutte à goutte, des mots qu’il emploie et de l’ordre sensible et respectueux dans lequel il les pose sur le papier.

La poésie sombre de ce roman émerveille par sa noirceur. Rien n’est épargné et pourtant tout y est si délicat. Il y a dans ce récit toute la beauté de la Femme, toute sa force et toute sa vulnérabilité.

Et même certains hommes de ce roman chorale prennent une douceur inattendue sous leur peau plus coriace. On y devine comme une perdition face à la force opposée, presque comme une recherche d’eux-mêmes à travers les corps des femmes sans lesquelles ils ne seraient pas.

Il est impensable de tourner la dernière page de ce roman et de rester indemne et stoïque. Inconcevable de ne pas avoir ressenti des émotions toutes plus fortes les unes que les autres. Tristesse, colère, bouleversement, écœurement…La plume de Franck Bouysse ne peut laisser indifférent.

« Né d’aucune femme » est de ces romans qui laissent une marque au plus profond. De ces textes que l’on entend presque car il est fait de voix qui murmurent, qui chantent, qui hurlent même parfois.

Je les entends encore.

 

 

4ème de couv’

« Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »

Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec ‘Né d’aucune femme’ la plus vibrante de ses oeuvres.
Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

10 réponses »

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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