Coups de coeur

Michaël Mention, Power ♥

Au commencement ils étaient deux, ils finirent des milliers.

Ils ont levé le poing là où d’autres ont baissé les bras. Ils ont essayé quand certains ont abandonné.

Ils ont lutté, se sont battus. Avec des mots, avec des armes. Ils ont brandit leur couleur avec fierté, comme un drapeau qu’on érige en haut d’un mât. Ils étaient des hommes, coupables seulement de la grande loterie de la naissance et du destin.

Ils étaient noirs comme le sont leurs héritiers.

Utopie que de croire que l’Homme contemplera un jour son prochain sans voir sa couleur. Illusion que d’imaginer que les préjugés ne seront qu’un lointain souvenir. Chimère que de rêver à une humanité tolérante et sans haine.

Les hommes se battent à cause de leurs différences, quelles qu’elles soient. Le monde évolue sans doute, grâce notamment à des combats tels que celui des Black Panthers mais change t’il vraiment ?

Ce blog n’est évidemment pas une tribune et n’a pour ambition que quelques lectures et écritures. Ce sont les livres qui sont importants car ce sont eux qui nous font apprendre notre monde. Ils ouvrent nos esprits et nous enseignent. Nous rendent peut-être un peu plus indulgents. J’ose y croire.

« Power » fait partie de ces romans qui peuvent avoir l’ambition de transmettre un message et de dénoncer. Néanmoins, loin d’avoir écrit une critique sociale, Michael Mention propose un récit nuancé et objectif. Rien n’y est manichéen. Qu’ils soient noirs ou blancs, réels ou fictifs, les personnages reflètent parfaitement ce combat qui a changé DES choses à défaut d’avoir changé LES choses.

La construction est magistrale et fait suivre le destin de quelques hommes et femmes, des changements qui s’opèrent en eux au rythme de l’Histoire comme au rythme de la musique omniprésente. Quelques vies choisies parmi tant d’autres et un travail de documentation ahurissant.

L’écriture de Michael Mention est immersive et aboutie. « Power » semble extirpé des tripes après y avoir mûri toute une vie. Il ensorcelle, hypnotise et cogne dans la gueule comme un camion dans un mur. Il n’attendrit pas, il révolte et il passionne. Il ne donne pas l’absolution, il raconte.

 

Remerciements: Editions Stéphane Marsan

 4ème de couv’

 

« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. »

1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties.

Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

20 réponses »

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