Farris Smith Michael

Michael Farris Smith, Nulle part sur la terre

Rien d’extraordinaire que de parler de solitude, d’êtres brisés par leurs destins, de vengeance ou de rédemption.

Rien de très original que de faire errer des personnages, au commencement d’un roman, puis de les réunir par des destins croisés.

Rien de novateur et pourtant, Michael Farris Smith réussit à introduire une certaine grâce dans son récit, un style propre à lui qui transforme un fil conducteur classique, voire presque prosaïque si l’on y réfléchit bien, en quelque chose de plus personnel.

Le bien. Le mal. La frontière entre les deux. Ce roman pourrait se contenter de ces quelques descriptions mais il souffrirait d’un effet par trop réducteur car l’auteur y met bien plus que cela et sans manichéisme aucun, insuffle à ses personnages de la force et de la fragilité, et fait d’eux des rescapés de la vie.

Avec le point de vue de plusieurs personnages centraux, « Nulle part sur la terre » pourrait être un roman choral si l’auteur n’avait pas choisi un style plutôt omniscient. Encore une fois, les fondations de ce récit sont on ne peut plus classiques et le lecteur sait dès le départ que le choc de la rencontre fera sans doute tomber les personnages comme des quilles frappées par une boule surgit du passé. Le coup sera fort et emportera tout ou presque sur son passage mais la lumière que l’auteur américain réussit à mettre dans son histoire suffit à faire espérer que les quilles sont faites d’un bois plus résistant qu’on ne pourrait le croire de prime abord et qu’elles se redresseront, plus fières encore d’avoir résister à un énième combat.

« Nulle part sur la terre » est un roman noir dans le plus pur style américain. Il met en scène les laisser-pour-compte d’un pays qui n’a que faire des perdants. Le désespoir de ses personnages annihile presque toute idée de réussite si chère aux États-Unis et donne réflexion sur la place que nous occupons ainsi que sur les actions que nous menons sans bien réfléchir aux conséquences. L’effet papillon ou comment un acte qui peut paraître anodin au départ peut engendrer un drame qui bouleversera plusieurs vies.

Une histoire violente et émouvante qui met beaucoup de choses en exergue mais surtout, qui parle de la fragilité des Hommes. Une bien belle réussite.

 

4ème de couv’

 

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Par

tie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.

Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C’est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l’attendent.

Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu’à un fil.

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17 réponses »

  1. Comme Yvan, j’ai bien aimé la métaphore des quilles ! Les images, ça me parle 😉

    Bon, il est sur ma pile, pas encore eu le temps de le lire ! Qu’est-ce que j’attends ?? D’avoir du temps QUE pour moi 😆

  2. J’aime bien ta métaphore des quilles.
    Oui, l’auteur a réussi à nous toucher par ses personnages et par leurs destins. Il a le grand talent de les rendre vivants

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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