Flynn Gillian

Gillian Flynn, Nous allons mourir ce soir

Retrouver Gillian Flynn, c’est se replonger dans les méandres de son cerveau de manipulatrice. Elle vous prend par la main, Gillian. Elle vous emmène dans son monde et là, elle vous montre ce qu’elle veut bien vous montrer. Elle vous fait croire ce qu’elle veut que vous croyiez. Elle tord votre cerveau et elle y envoie des impulsions qui vous stimule les deux hémisphères et qui vous font oublier la réalité pour vous en montrer une autre, plus alternative, plus corrosive: sa réalité.

Bien sûr qu’avec elle, les apparences sont trompeuses. Bien sûr qu’elle ne déroge pas à cette règle de conduite qu’elle s’est fixée et qu’elle sait si bien utiliser et même dans cette courte nouvelle de 60 pages, on retrouve le talent de l’auteure. Il est condensé, certes mais il est bien là. Un concentré de Gillian Flynn qu’il est presque dommage de ne pas pouvoir diluer pour en obtenir une version plus longue.

Les premières pages risquent fort d’ébranler les connaisseurs du style de la dame. Elle a la main lourde sur les détails scabreux et l’impertinence nécessaire pour poser le fond en y mettant les formes. Certains trouveront le démarrage trop rapide et préféreront une montée progressive avec des alternances de rythme et de pression mais l’art de la nouvelle est un plaisir solitaire et fugitif qui nécessite une tension immédiate et qui ne s’embarrasse pas de préliminaires inutiles.

Épatante Gillian qui surmonte les difficultés haut la main en arrivant même à rendre ses lecteurs empathiques et à faire aimer des personnages sur une distance aussi réduite.

Talentueuse Gillian qui a remporté le prix Edgar Allan Poe de la meilleure nouvelle en 2015 pour cet excellent récit.

Habile Gillian, qui sait y faire pour donner du plaisir à ses lecteurs et pour les laisser après l’acte, pantelants et agités encore de quelques spasmes jouissifs…

 

4ème de couv’

Après Les Apparences, le retour de Gillian Flynn, reine de la manipulation, avec une nouvelle qui a reçu le prix Edgar-Allan-Poe 2015.

Après une enfance difficile, la narratrice anonyme devient travailleuse du sexe. Des années d’expériences ont
développé chez elle un véritable don pour décrypter la psychologie de ses interlocuteurs, leurs intentions et leurs envies. Aussi lui arrive-t-il de donner des conseils à des âmes en peine. Lorsqu’elle rencontre Susan Burke, une femme aisée aux prises avec une situation dramatique, elle lui propose de l’aider. Susan et sa famille ont emménagé à Carterhook Manor, une vieille demeure inquiétante, marquée par une violente histoire vieille de cent ans. Sur place, la narratrice rencontre Miles, le beau-fils de sa cliente, un adolescent au comportement étrange et glaçant. Saura-t-elle découvrir toute la vérité sur Carterhook Manor et la famille qui l’habite désormais ?

Si une bonne nouvelle se reconnaît à la puissance de sa chute, Gillian Flynn nous livre ici un véritable morceau d’anthologie. En quelques pages, elle dessine des personnages inoubliables, construit une histoire haletante, qu’elle mène à une conclusion proprement sidérante. Mordant, noir, machiavélique et ironique : tout l’univers de l’auteur, experte incomparable en manipulation et rebondissements, se trouve concentré ici.

 

 

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21 réponses »

  1. Court et intense ! tout un programme ! c’est marrant parce que je faisais la remarque dernièrement que j’avais plaisir en ce moment à lire des livres courts,parce que l’exercice de raconter quelque chose en moins de 200 pages oblige l’auteur à donner toute la quintessence de son art faute de passer à côté de son lecteur . Je ne lirai pas celui ci mais l’idée est là 😉 Mais n’oublions pas quand même que plus c’est long plus c’est bon aussi parfois ! 🙂

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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