Ellory R.J.

R.J. Ellory, Les assassins

Ellory-Assassins-GrisTed Bundy, John Wayne Gacy, Le Zodiaque…. Des noms tristement célèbres qui font partie intégrante de l’histoire des États-Unis ces dernières décennies. Comme si le 20ème siècle avait créé des monstres de plus en plus violents en même temps qu’il créait des technologies de plus en plus performantes.

L’Amérique du Nord a vu naître près de 80% des tueurs en série connus. Une foultitude d’études ont été menées pour tenter de comprendre ou d’expliquer ce phénomène et le sujet a fait et fera encore les beaux jours de nombreux auteurs du monde entier ainsi que des lecteurs fascinés par les serial killers.

Ce mélange de fascination et de répulsion est un paradoxe étonnant. De la même manière que certains ralentissent pour regarder un accident, nous sommes attirés inexorablement par cette violence subies par nos semblables. L’humain se rassure à travers le malheur de l’autre.

Reprendre ce thème traité tant de fois sans tomber dans les pièges et les clichés du genre n’était pas un pari gagné d’avance pour R.J. Ellory mais c’était sans compter sur le talent fou de l’auteur anglais qui a su y insuffler un style très original, très personnel.

Car le génie d’Ellory se tient là : des romans d’une profondeur rare, traitant de sujets graves et intensément humains. Des personnages nombreux et fouillés, une vie inventée pour chacun d’entre eux même pour les plus insignifiants.

La distribution est si soignée, les protagonistes si vivants qu’ils en deviennent palpables. Ils prennent vie et dimension, sortent des pages et donnent l’impression qu’ils sont fait de chair et de sang et non de papier et d’encre. Tel est le don d’Ellory.

Le mélange de réalité et de fiction finit de faire de ce roman un thriller très atypique et le long labeur de documentation qu’on imagine nécessaire pour l’écriture est plus que remarquable. Les lieux, les dates, les noms et détails : tout est là et c’est avec un respect évident que l’on se doit de lire ce roman tant l’ouvrage est ciselé et travaillé avec le souci du travail bien fait.

Le seul regret que je pourrais avoir et qui ne fera pas passer le roman dans mes coups de cœur concerne la fin que je n’ai pas trouvée tout à fait à la hauteur du roman. Le suspense maintenu jusqu’aux derniers chapitres aurait mérité un final explosif et un tant soit peu plus long. Les presque 600 pages tournées avec passion se referment sur ce léger bémol tout subjectif et peut être dû au manque anticipé après la lecture de cet excellent roman.

5Sans titre  

Humeur musicale

C’était facile pour le coup: Assassin par Muse

4ème de couv’

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Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet que les quatre meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage? En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante.

Bouleversant tous les clichés de rigueur, R.J. Ellory transfigure ici totalement le genre du roman de serial killer, dont on pensait pourtant avoir fait le tour, en lui insufflant un souffle complètement nouveau, comme seuls les très grands écrivains savent le faire. Revenant sur les plus grandes figures des tueurs qui ont marqué les États-Unis, de Ted Bundy au fameux Zodiac, il poursuit son exploration du mal américain, interrogeant cette fois notre fascination pour les monstres. Avec le formidable sens de l’intrigue, des personnages, du suspense et le pouvoir d’émotion qu’on lui connaît, il nous donne ainsi le roman définitif sur le sujet.

Sonatine, aout 2015

 

 

     

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20 réponses »

  1. Un joli billet et c’est pile poil ce que j’aime .. en plus, j’ai déjà eu un coup de cœur pour cet auteur avec un autre titre .. donc moi aussi j’y vais les yeux fermés 😉 et j’ai bien l’intention de lire tous ses romans.

  2. hello ma soeur, comme d’hab hein ca donne envie, c’est alléchant à souhait,
    allez s’il est en grand format tu me le passeras, merci pour cette chronique, je pourrais te lire les yeux fermés…..

  3. Merci pour cette chronique très constructive. J’aime te lire et ton avis est précieux 🙂
    Je mets donc cet Ellory dans ma wish-list mais y placerait les papillons avant car que je souviens que tu avais adoré 🙂

  4. Tu as tellement raison, il n’y avait qu’Ellory pour redonner un tel souffle à ce thème rabâché et surtout avec une telle humanité !
    Un chef d’oeuvre pour moi (fin y comprise, que je trouve mesurée et j’ai aimé ça) 😉

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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