Giebel Karine

Karine Giebel, Le purgatoire des innocents

giebelIl arrive parfois que pendant la lecture d’un livre, on soit tenté de lire les dernières pages, le dernier chapitre peut-être ou juste les dernières lignes… histoire de se débarrasser de cette odieuse sensation de pression insoutenable qu’on peut ressentir pour certains personnages, histoire de faire se calmer ce cœur qui s’emballe à chaque retournement de situation et de simplement stopper cette tension palpable à chaque page !

Je l’ai fait…

Arrivée à la page 320, une irrépressible envie de connaître la fin de ce huis clos Giebellien m’a tenaillée, secouée, harcelée jusqu’à ce que je cède… J’ai regardé par dessus mon épaule pour vérifier que nul ne me verrait faire ce geste honteux, j’ai retourné le livre avec désinvolture, l’air de rien et j’ai lu les dernières phrases…

Malencontreuse indiscrétion qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais et révélateur de l’intensité de ce roman. Intense car Karine Giebel réussit à insuffler de l’humanité là où on ne s’attend pas à en voir. Intense car la cruauté et la violence présentes de bout en bout ne sont arrêtées que par le final, certes prévisible, mais ô combien lourd en émotion.

Karine Giebel est passée maîtresse dans l’art de jeter des scènes, parfois à la limite de l’insoutenable, à la face des ses lecteurs et son « art » est, ici, presque au sommet.

Paradoxalement, mon bémol habituel lorsqu’il s’agit de Karine Giebel se situe dans cette surenchère de violence. Nécessaire au vu du développement de l’histoire, voire même indispensable ( bien plus que dans Meurtre pour rédemption à mon sens) mais trop prévisible au final. La « patte » Karine Giebel en devient reconnaissable entre toutes, mais me laisse à chaque fois un arrière goût de je ne sais quoi… une impression de malaise qui persiste à chaque fois. Preuve s’il en est du talent de l’auteure bien sûr car réussir à mêler des sentiments contradictoires dans ma pauvre tête de lectrice est en soi un réel exploit.

Alors, ais-je aimé ? Oui, sans conteste car derrière ce bain de sang se cache malgré tout des valeurs profondément humaines et des âmes torturées qui se révèlent plus belles ( ou plus noires) qu’elles ne le sont au départ.

L’Homme est ce que l’animal n’est pas : cruel, destructeur et œuvrant sans cesse à sa propre perte. Je reste persuadée que Karine Giebel le démontre à chacun de ses romans…

4-etoiles

Humeur musicale

Juste un titre que j’ai beaucoup écouté cette semaine pendant ma lecture…

4ème de couv’

Karine Giebel

Karine Giebel

Raphaël a passé des années en prison pour vols à main armée puis pour récidive. Pendant son absence, sa mère est morte de chagrin tandis que son jeune frère William prenait le même chemin que lui. Raphaël, à sa libération, entraîne celui-ci dans leur premier braquage en commun, une bijouterie de la place Vendôme, avec la complicité d’un jeune couple. L’affaire tourne mal, un policier et une passante sont tués, et William est grièvement blessé. Leur cavale devient pour Raphaël une véritable course contre la montre : il faut sauver son frère. Les quatre fuyards atterrissent à quelques heures de Paris, et trouvent le numéro d’une vétérinaire, Sandra, qu’ils prennent en otage chez elle, dans sa ferme isolée, et forcent à soigner William. Sa vie contre celle du braqueur. C’est dans cet état d’esprit que Sandra doit opérer dans son salon, sans trembler, elle qui n’est pas chirurgienne. Mais les jours passent et William n’est toujours pas en état de reprendre la route. Et lorsque le mari de Sandra prévient sa femme de son retour, tous attendent. Les uns de le prendre également en otage et Sandra d’être sauvée… ou peut-être autre chose… Car ce que Raphaël ignore, c’est qu’ils sont dans la demeure du diable. Ce que Raphaël ne sait pas, c’est qu’ils sont dans la maison d’un psychopathe de la pire espèce, qui vient de ramener, à l’arrière de son camion, deux adolescentes enlevées à la sortie de leur collège. De prédateurs, ils vont devenir des proies à la merci d’un monstre sans pitié…

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11 réponses »

  1. Je l’avoue…j’ai fais la même chose pour ce livre prenant aux tripes mais… je n’y avais rien compris (à lire la fin avant la fin !) Bref, lecture incroyable dont je parlais aussi sur Errances immobiles.
    Et sinon, puisqu’il neige sur ton blog, je te souhaite de jolies fêtes de fin d’années !

  2. avant le reste (désolé erreur de manipulation…), sauf pour les livres pourris ;-).
    Quant au reste, tu résume bien le cas Giébel et ce qu’on peut ressentir à la lecture de ses livres et celui-ci en particulier

A vot' bon coeur m'sieurs dames...

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